RECHERCHEZ
Charles Marius Toussaint BESSON nait à Conakry (Guinée Française) le 1er janvier 1919, fils de Charles (instituteur décédé à Conakry le 16 mars 1919) et de Marie Ravasio.
Il est appelé sous les drapeaux le 22 février 1938 à la base aérienne de Marignane jusqu’à sa démobilisation le 30 août 1940.
Célibataire, il travaille dans le BTP sous l’occupation, et étant de la classe 19, il est requis pour le STO.
Il décide de s’y soustraire et commence par modifier sa date de naissance sur ses papiers pour se rajeunir et être hors classes requises, et c’est avec celle du 1 février 1923 qu’ils sera déporté.
Il rejoint alors le maquis Aigoual Cévennes, fondé par René Rascalon.
Ce maquis initialement basé non loin de Saumane (Gard) ayant augmenté en effectifs est transféré à Aire de Cote (sur la commune de Bassurels, à la limite entre la Lozère et le Gard, près de Saint-André-de-Valborgne).
Le 30 juin 1943, le maquis est en alerte. Il a été averti que des groupes mobiles de réserve (GMR) sont venus en renfort à la gendarmerie du Pompidou pour traquer les maquisards. Le 1er juillet, la menace se précise. A 16 h, la Wehrmacht est à Saumane et se dirige vers Aire-de-Côte. Un ancien maquisard (Paulus) a dénoncé le maquis et il guide les Allemands. A Saumane, le maire, Fernand Borgne, et l’agent de liaison, Eugène Masneuf, sont arrêtés. Henri Bourelly qui aide le maquis est appréhendé à Saint-André-de-Valborgne. Le garde forestier, Emile Berrière, et le maquisard Marcel Adam sont interpellés dans la maison forestière. Le maquis est attaqué vers 21 h alors qu’il se prépare à partir. 67 maquisards sont présents au camp, retardés dans leur fuite par l’orage qui vient de finir au moment de l’arrivée de l’ennemi. Ils sont attaqués par surprise car avec le bruit de l’orage, ils n’ont pas entendu les camions arriver. Ils ne peuvent pas riposter puisqu’ils n’ont que quelques vieux fusils et quatre ou cinq revolvers. Dans la panique générale, les soldats allemands tirent sur tout ce qui bouge. Peu de résistants parviennent à prendre la fuite. L’assaut dure 20 à 25 minutes. La répression est sanglante : trois morts (Henri Aguilera, Louis Chamboredon et Jean Cazes), trois disparus (Marcel Loubier, Louis Pongibaud et Gilbert Roche) et une quarantaine de prisonniers dont deux blessés décédés en route et laissés à Saint-Jean-du-Gard (Jean Boissel et Emile Filiol), deux blessés décédés des suites de leurs blessures aux Fumades (Robert Parisot et Jean Canaguier), deux maquisards fusillés ensuite à Paris (Kurt Druckner et Henri Schumacher) et 37 sont déportés et parmi eux, 16 sont morts en déportation et deux autres peu après leur libération (Fernand Borgne et Emile Berrière).
Charles Besson fait partie des prisonniers. Il est interné à Alès du 2 au 14 juillet puis à l’école de Grézan à Nîmes jusqu’au 10 août, à la caserne Vallongue à Nîmes jusqu’au 17 septembre et enfin à Compiègne avec le matricule 18721. Avec 934 personnes, il est déporté avec le 4ème convoi parti de France le 28 octobre à Buchenwald où il arrive le 30 et on lui affecte le matricule 30815.
Dans son convoi, on retrouve 33 autres maquisards d’Aire-de-Côte : Marcel Adam (matricule 31281), André Audemard (matricule 31150†), Germain Berrard (matricule 31059), Charles Besson (matricule 30815), Henri Bourelly (matricule 30585†), Jean Bourquin (matricule 31210†), Marius Brot (matricule 30586†), André Castellarnau (matricule 30922†), Marcel Cazalet (matricule 31242†), Charles Chapelier (matricule 30618), Elie Croutier (matricule 31019), Jean Delacourt (matricule 31258), André Deleuze (matricule 31275†), Henry Evrard (matricule 31238†), Paul Ferrier (matricule 31159), René Fialon (matricule 31143), Marcel Fistié (matricule 31302†), Denis Galinier (matricule 30989), Louis Gerbier (matricule 30915), Paul Gilbin (matricule 30583†), Jacques Guigon (matricule 30498), Raymond Laget (matricule 31032), Claudius Lavazeur (matricule 30637†), Raymond Louche (matricule 31284†), Eugène Masneuf (matricule 30617), Henri Montjardin (matricule 31260), Joseph Nanni (matricule 30809), René Otge (matricule 31020†), Charles Pialat (matricule 30917), Raymond Prouhèze (matricule 31050), Emile Reynal (matricule 31236†), Albert Servajean (matricule 31018), Lucien Simon (matricule 30624) et Aimé Souchon (matricule 30914†). D’autres Gardois figurent aussi dans ce convoi comme Bernard Bordu (matricule 30864), Jean Boré (matricule 30830), Paul Gascon (matricule 30611†), Jean Olive (matricule 31245) et Julien Rigal (matricule 30561†). Seuls Fernand Borgne, Emile Berrière et Charles Rogier (arrêté le 2 juillet) transférés à Paris avant le 17 septembre sont déportés ensemble dans un autre convoi. René Rascalon cite un autre maquisard déporté, Michel Balog, mais aucune information n’a été retrouvée.
Dès le 20 novembre au terme de sa période de quarantaine il est envoyé au kommando de Dora dans le Harz. Il survit à l’enfer du Tunnel malgré les conditions de travail et de détention.
Le 5 avril 1945, il est évacué dans le dernier convoi parti de Dora avec les « spécialistes » du tunnel. Après 9 jours d’errance en train et d’une « marche de la mort » il entre au camp de Ravensbrück le 14 avril. Il reçoit alors le nouveau matricule 14157. Le 21 avril ce camp est à nouveau évacué, et Charles Besson est libéré par les Russes le 29 avril 1945 avant d’être ramené au camp de Ravensbrück. Ce n’est que le 2 juillet qu’il est rapatrié en France par l’hôtel le Lutétia.
Le 28 aout 1946, il épouse Geneviève Gazon à Fraisans (Jura). En 1951, il est commerçant dans cette ville.
Il décède à La Londe des Maures (Var) le 19 octobre 1996.
Anne Marie CAVALIER – André FRANCISCO
Sources :
-Archives Arolsen
-https://museedelaresistanceenligne.org/media11601-31-maquisards-dAire-de-Cotes-Lozre-dportsHistoire maquis Aigoual Cévennes
-Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora de Laurent Thiery (Auteur), Aurélie Filippetti (Préface) – BESSON Charles biographie écrite par Laurent Thiery
-Détail résistants maquis Aire de Côte : Maryline Andreo
RECHERCHEZ
Charles Marius Toussaint BESSON nait à Conakry (Guinée Française) le 1er janvier 1919, fils de Charles (instituteur décédé à Conakry le 16 mars 1919) et de Marie Ravasio.
Il est appelé sous les drapeaux le 22 février 1938 à la base aérienne de Marignane jusqu’à sa démobilisation le 30 août 1940.
Célibataire, il travaille dans le BTP sous l’occupation, et étant de la classe 19, il est requis pour le STO.
Il décide de s’y soustraire et commence par modifier sa date de naissance sur ses papiers pour se rajeunir et être hors classes requises, et c’est avec celle du 1 février 1923 qu’ils sera déporté.
Il rejoint alors le maquis Aigoual Cévennes, fondé par René Rascalon.
Ce maquis initialement basé non loin de Saumane (Gard) ayant augmenté en effectifs est transféré à Aire de Cote (sur la commune de Bassurels, à la limite entre la Lozère et le Gard, près de Saint-André-de-Valborgne).
Le 30 juin 1943, le maquis est en alerte. Il a été averti que des groupes mobiles de réserve (GMR) sont venus en renfort à la gendarmerie du Pompidou pour traquer les maquisards. Le 1er juillet, la menace se précise. A 16 h, la Wehrmacht est à Saumane et se dirige vers Aire-de-Côte. Un ancien maquisard (Paulus) a dénoncé le maquis et il guide les Allemands. A Saumane, le maire, Fernand Borgne, et l’agent de liaison, Eugène Masneuf, sont arrêtés. Henri Bourelly qui aide le maquis est appréhendé à Saint-André-de-Valborgne. Le garde forestier, Emile Berrière, et le maquisard Marcel Adam sont interpellés dans la maison forestière. Le maquis est attaqué vers 21 h alors qu’il se prépare à partir. 67 maquisards sont présents au camp, retardés dans leur fuite par l’orage qui vient de finir au moment de l’arrivée de l’ennemi. Ils sont attaqués par surprise car avec le bruit de l’orage, ils n’ont pas entendu les camions arriver. Ils ne peuvent pas riposter puisqu’ils n’ont que quelques vieux fusils et quatre ou cinq revolvers. Dans la panique générale, les soldats allemands tirent sur tout ce qui bouge. Peu de résistants parviennent à prendre la fuite. L’assaut dure 20 à 25 minutes. La répression est sanglante : trois morts (Henri Aguilera, Louis Chamboredon et Jean Cazes), trois disparus (Marcel Loubier, Louis Pongibaud et Gilbert Roche) et une quarantaine de prisonniers dont deux blessés décédés en route et laissés à Saint-Jean-du-Gard (Jean Boissel et Emile Filiol), deux blessés décédés des suites de leurs blessures aux Fumades (Robert Parisot et Jean Canaguier), deux maquisards fusillés ensuite à Paris (Kurt Druckner et Henri Schumacher) et 37 sont déportés et parmi eux, 16 sont morts en déportation et deux autres peu après leur libération (Fernand Borgne et Emile Berrière).
Charles Besson fait partie des prisonniers. Il est interné à Alès du 2 au 14 juillet puis à l’école de Grézan à Nîmes jusqu’au 10 août, à la caserne Vallongue à Nîmes jusqu’au 17 septembre et enfin à Compiègne avec le matricule 18721. Avec 934 personnes, il est déporté avec le 4ème convoi parti de France le 28 octobre à Buchenwald où il arrive le 30 et on lui affecte le matricule 30815.
Dans son convoi, on retrouve 33 autres maquisards d’Aire-de-Côte : Marcel Adam (matricule 31281), André Audemard (matricule 31150†), Germain Berrard (matricule 31059), Charles Besson (matricule 30815), Henri Bourelly (matricule 30585†), Jean Bourquin (matricule 31210†), Marius Brot (matricule 30586†), André Castellarnau (matricule 30922†), Marcel Cazalet (matricule 31242†), Charles Chapelier (matricule 30618), Elie Croutier (matricule 31019), Jean Delacourt (matricule 31258), André Deleuze (matricule 31275†), Henry Evrard (matricule 31238†), Paul Ferrier (matricule 31159), René Fialon (matricule 31143), Marcel Fistié (matricule 31302†), Denis Galinier (matricule 30989), Louis Gerbier (matricule 30915), Paul Gilbin (matricule 30583†), Jacques Guigon (matricule 30498), Raymond Laget (matricule 31032), Claudius Lavazeur (matricule 30637†), Raymond Louche (matricule 31284†), Eugène Masneuf (matricule 30617), Henri Montjardin (matricule 31260), Joseph Nanni (matricule 30809), René Otge (matricule 31020†), Charles Pialat (matricule 30917), Raymond Prouhèze (matricule 31050), Emile Reynal (matricule 31236†), Albert Servajean (matricule 31018), Lucien Simon (matricule 30624) et Aimé Souchon (matricule 30914†). D’autres Gardois figurent aussi dans ce convoi comme Bernard Bordu (matricule 30864), Jean Boré (matricule 30830), Paul Gascon (matricule 30611†), Jean Olive (matricule 31245) et Julien Rigal (matricule 30561†). Seuls Fernand Borgne, Emile Berrière et Charles Rogier (arrêté le 2 juillet) transférés à Paris avant le 17 septembre sont déportés ensemble dans un autre convoi. René Rascalon cite un autre maquisard déporté, Michel Balog, mais aucune information n’a été retrouvée.
Dès le 20 novembre au terme de sa période de quarantaine il est envoyé au kommando de Dora dans le Harz. Il survit à l’enfer du Tunnel malgré les conditions de travail et de détention.
Le 5 avril 1945, il est évacué dans le dernier convoi parti de Dora avec les « spécialistes » du tunnel. Après 9 jours d’errance en train et d’une « marche de la mort » il entre au camp de Ravensbrück le 14 avril. Il reçoit alors le nouveau matricule 14157. Le 21 avril ce camp est à nouveau évacué, et Charles Besson est libéré par les Russes le 29 avril 1945 avant d’être ramené au camp de Ravensbrück. Ce n’est que le 2 juillet qu’il est rapatrié en France par l’hôtel le Lutétia.
Le 28 aout 1946, il épouse Geneviève Gazon à Fraisans (Jura). En 1951, il est commerçant dans cette ville.
Il décède à La Londe des Maures (Var) le 19 octobre 1996.
Anne Marie CAVALIER – André FRANCISCO
Sources :
-Archives Arolsen
-https://museedelaresistanceenligne.org/media11601-31-maquisards-dAire-de-Cotes-Lozre-dportsHistoire maquis Aigoual Cévennes
-Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora de Laurent Thiery (Auteur), Aurélie Filippetti (Préface) – BESSON Charles biographie écrite par Laurent Thiery
-Détail résistants maquis Aire de Côte : Maryline Andreo



