BALAGUE MARTI Alberto 

  • 4504 Mauthausen

  • Né à Barcelone le 19 septembre 1919

  • Décédé le 3 juillet 2000 à Nîmes

Alberto Balague Marti nait à Barcelone le 19 septembre 1919, fils d’Angel Balague et de Palmira Marti, dans une famille républicaine et franc-maçonne. Son père un des dirigeants des Jeunesse radicales. Son grand père est membre de la loge Lealtad (Loyauté) et sera est assassiné par les franquistes le 23 mars 1939 sur son lit d’hôpital,

Á l’âge de 15 ans il adhère à la Fédération ibérique des jeunesses libertaires (FIJL) et en juillet 1936 participe aux combats à la caserne Atarazanas de Barcelone. Enrôlé comme milicien dans une Colonne confédérale (Libertad ?), il participe ensuite en août aux combats de Talavera de la Reina sur le front de Madrid. Blessé à une jambe il est hospitalisé à l’hôpital des Brigades internationales à Tarazona de la Mancha., puis passe sa convalescence au camp d’aviation dont Malraux, qui l’aurait pris en amitié, était le commandant.

En décembre 1936, il demande son incorporation dans les Brigades Internationales et est affecté à la 13ème BI Dombrowsky avec laquelle il participe aux batailles de Guadalajara, Brunete, Teruel et à l’offensive sur l’Ebre où il est une nouvelle fois blessé.

Fuyant la dictature franquiste il entre en France le 21 février 1939, et il est interné au camp d’Argelès. Il s’engage dans la Légion étrangère pour 5 ans, dès le 4 mars 1939 (classe 1939 – subdivision de Perpignan – matricule 551), comme beaucoup de réfugiés espagnols (le 11ème régiment de marche étranger comptait jusqu’à 68% d’Espagnols) et participe aux combats de mai et juin 1940. Alors qu’il est caporal canonnier, il est fait prisonnier le 27 juin 1940 dans la forêt d’Ochey (près de Toul) par les allemands. Il est incarcéré à Verdun puis Nancy et il parvient à s’échapper, mais repris à Nancy il est interné au stalag XVII B de KremsGneixendorf, en Autriche, matricule 59865. En tant que réfugié espagnol, il ne bénéficie pas des lois de la guerre appliquées aux militaires, et il est déporté à Mauthausen le 18 décembre avec le matricule 4504, notamment suite à des actes de résistance et de sabotage (actes de résistance selon plusieurs témoignages de ses compagnons de captivité, mais le motif de résistance ne lui sera pas validé après-guerre par la commission des statuts)

Dans son témoignage sur Mauthausen, J. Borras raconte : « …Chaque matin avant l’appel, il y avait distribution générale de coups de nerfs de bœuf ou de câble torsadé pour chaque lit mal fait. L’interprète –J. Borras – obtint du chef de baraque de pouvoir faire l’inspection des lits pour éviter des désagréments aux copains. Il remarqua durant quelques jours un lit non fait, qu’il refaisait complètement. A la recherche de l’intéressé, il tomba sur un jeune malade et affaibli au point de ressembler à une loque humaine, qui lui répondit qu’il s’en moquait car il allait crever. Il contacta Termens, le médico espagnol, lequel trouva le jeune Santiesteban, celui qui offrit son sang plusieurs fois. Avec le supplément de nourriture reçu du chef de baraque et les transfusions intraveineuses, faites directement à la seringue de bras à bras sans connaître le groupe sanguin, Albert Balagué fut sauvé ».

Il est libéré le 5 mai 1945 et après une quarantaine, rapatrié le 29 mai 1945 par le centre de Nancy. Il sera démobilisé le 10 août 1945.

Il se retire à Nîmes où il milite à l’Union rationaliste et aux Citoyens du monde ainsi qu’à la Fédération espagnole des déportés et internés politiques (FEDIP). En 1954, est initié à la Grande loge de France et en 1962 s’affilie au Grand Orient qui correspond mieux à sa conception de la laïcité. A partir de 1967, il effectue plusieurs voyages en Catalogne, où il a des contacts avec le mouvement libertaire, pour la réorganisation clandestine de loges maçonniques. Il organise également une conférence clandestine de citoyens du monde espérantiste dans un local discret de Barcelone appartenant à l’UNESCO.

Il réside 19 rue Tour de l’évêque à Nimes et alors qu’il est ouvrier jardinier, épouse le 26 octobre 1946 à Nîmes, Mercedes Llorach née à Nîmes le 9 janvier 1925.
Il est naturalisé français le 12 mars 1954.

Il est ensuite ouvrier maçon, et habite chemin le Clos bas de st Césaire (Nimes) (1955) puis au 15 rue Charles de Guerrois (1970).

En novembre 1980, lors de la restructuration de la FEDIP du Gard, il est nommé secrétaire adjoint aux côtés de Jean Gonzales (secrétaire).
Il décède le 3 juillet 2000 à Nimes et a été inhumé au cimetière de Rodilhan près de Nîmes.

André FRANCISCO

Sources :

SHD CAEN – dossier 21 P 701466

Archives OFPRA en ligne

Sources : J. Borras « L’histoire de Mauthausen ». — Document nécrologique par loge maçonnique — Précisions par son gendre (juin 2011) & de sa petite fille (mars 2018). — Hispania, année 1981. —

https://militants-anarchistes.info/spip.php?article6593

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BALAGUE MARTI Alberto 

  • 4504 Mauthausen

  • Né à Barcelone le 19 septembre 1919

  • Décédé le 3 juillet 2000 à Nîmes

Alberto Balague Marti nait à Barcelone le 19 septembre 1919, fils d’Angel Balague et de Palmira Marti, dans une famille républicaine et franc-maçonne. Son père un des dirigeants des Jeunesse radicales. Son grand père est membre de la loge Lealtad (Loyauté) et sera est assassiné par les franquistes le 23 mars 1939 sur son lit d’hôpital,

Á l’âge de 15 ans il adhère à la Fédération ibérique des jeunesses libertaires (FIJL) et en juillet 1936 participe aux combats à la caserne Atarazanas de Barcelone. Enrôlé comme milicien dans une Colonne confédérale (Libertad ?), il participe ensuite en août aux combats de Talavera de la Reina sur le front de Madrid. Blessé à une jambe il est hospitalisé à l’hôpital des Brigades internationales à Tarazona de la Mancha., puis passe sa convalescence au camp d’aviation dont Malraux, qui l’aurait pris en amitié, était le commandant.

En décembre 1936, il demande son incorporation dans les Brigades Internationales et est affecté à la 13ème BI Dombrowsky avec laquelle il participe aux batailles de Guadalajara, Brunete, Teruel et à l’offensive sur l’Ebre où il est une nouvelle fois blessé.

Fuyant la dictature franquiste il entre en France le 21 février 1939, et il est interné au camp d’Argelès. Il s’engage dans la Légion étrangère pour 5 ans, dès le 4 mars 1939 (classe 1939 – subdivision de Perpignan – matricule 551), comme beaucoup de réfugiés espagnols (le 11ème régiment de marche étranger comptait jusqu’à 68% d’Espagnols) et participe aux combats de mai et juin 1940. Alors qu’il est caporal canonnier, il est fait prisonnier le 27 juin 1940 dans la forêt d’Ochey (près de Toul) par les allemands. Il est incarcéré à Verdun puis Nancy et il parvient à s’échapper, mais repris à Nancy il est interné au stalag XVII B de KremsGneixendorf, en Autriche, matricule 59865. En tant que réfugié espagnol, il ne bénéficie pas des lois de la guerre appliquées aux militaires, et il est déporté à Mauthausen le 18 décembre avec le matricule 4504, notamment suite à des actes de résistance et de sabotage (actes de résistance selon plusieurs témoignages de ses compagnons de captivité, mais le motif de résistance ne lui sera pas validé après-guerre par la commission des statuts)

Dans son témoignage sur Mauthausen, J. Borras raconte : « …Chaque matin avant l’appel, il y avait distribution générale de coups de nerfs de bœuf ou de câble torsadé pour chaque lit mal fait. L’interprète –J. Borras – obtint du chef de baraque de pouvoir faire l’inspection des lits pour éviter des désagréments aux copains. Il remarqua durant quelques jours un lit non fait, qu’il refaisait complètement. A la recherche de l’intéressé, il tomba sur un jeune malade et affaibli au point de ressembler à une loque humaine, qui lui répondit qu’il s’en moquait car il allait crever. Il contacta Termens, le médico espagnol, lequel trouva le jeune Santiesteban, celui qui offrit son sang plusieurs fois. Avec le supplément de nourriture reçu du chef de baraque et les transfusions intraveineuses, faites directement à la seringue de bras à bras sans connaître le groupe sanguin, Albert Balagué fut sauvé ».

Il est libéré le 5 mai 1945 et après une quarantaine, rapatrié le 29 mai 1945 par le centre de Nancy. Il sera démobilisé le 10 août 1945.

Il se retire à Nîmes où il milite à l’Union rationaliste et aux Citoyens du monde ainsi qu’à la Fédération espagnole des déportés et internés politiques (FEDIP). En 1954, est initié à la Grande loge de France et en 1962 s’affilie au Grand Orient qui correspond mieux à sa conception de la laïcité. A partir de 1967, il effectue plusieurs voyages en Catalogne, où il a des contacts avec le mouvement libertaire, pour la réorganisation clandestine de loges maçonniques. Il organise également une conférence clandestine de citoyens du monde espérantiste dans un local discret de Barcelone appartenant à l’UNESCO.

Il réside 19 rue Tour de l’évêque à Nimes et alors qu’il est ouvrier jardinier, épouse le 26 octobre 1946 à Nîmes, Mercedes Llorach née à Nîmes le 9 janvier 1925.
Il est naturalisé français le 12 mars 1954.

Il est ensuite ouvrier maçon, et habite chemin le Clos bas de st Césaire (Nimes) (1955) puis au 15 rue Charles de Guerrois (1970).

En novembre 1980, lors de la restructuration de la FEDIP du Gard, il est nommé secrétaire adjoint aux côtés de Jean Gonzales (secrétaire).
Il décède le 3 juillet 2000 à Nimes et a été inhumé au cimetière de Rodilhan près de Nîmes.

André FRANCISCO

Sources :

SHD CAEN – dossier 21 P 701466

Archives OFPRA en ligne

Sources : J. Borras « L’histoire de Mauthausen ». — Document nécrologique par loge maçonnique — Précisions par son gendre (juin 2011) & de sa petite fille (mars 2018). — Hispania, année 1981. —

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