RECHERCHEZ
Adolf Roman naît à Francfort en 1913. Son père Emmanuel et sa mère Hélène Hirschfeld, native de Prusse orientale, habitent Francfort. Ils ont quatre enfants : Betti née en 1912, Adolf, Wilhem en 1914 et Hermann en 1919. Le père, Emmanuel Roman soldat pendant la 1ère Guerre mondiale fonde en 1925 un atelier de chaussures orthopédiques dans cette ville. Membre du parti social-démocrate et militant, il est accusé de « haute trahison » et condamné en mai 1935 à 4 ans de prison. Après avoir purgé sa peine il est transféré à Buchenwald où il décède le 12 mai 1941.
À l’été 1936, Adolf alors mécanicien de profession est marié et père d’un enfant, craignant les persécutions raciales il se réfugie à Bruxelles avec toute la famille : sa mère, sa sœur et ses deux frères. Le 10 mai 1940 la Belgique passe sous tutelle allemande ; les ordonnances anti-juives sont appliquées : recensement, regroupement rendus obligatoires. La famille Roman est internée à Malines puis déportée à Auschwitz où elle est assassinée en 1942. Seul Adolf parvient à s’échapper.
Adolf Roman est arrêté une première fois sur la ligne de démarcation (SHD Caen). On retrouve sa trace dans le pays minier gardois où il est enregistré au 805ème GTE (Groupe de Travailleurs Étrangers) de La Grand Combe, à La Favède. Il est ensuite arrêté à Langlade certainement dans le camp du 304ème GTE. Le 11 août 1942 il est interné à Pithiviers et transféré à Drancy le 22 d’où il déporté dans le convoi 24 du 26 août 1942. C’est le premier convoi à s’arrêter à Cosel à proximité d’Auschwitz : une sélection a lieu et les Allemands le sélectionne parmi les hommes valides qui sont envoyés dans des camps de travail situés dans la région.
Les 3056 premiers prisonniers masculins de Blechhammer portaient les numéros tatoués d’Auschwitz de 176 512 à 179 567. Adolph Roman a le numéro matricule 178 463 dans cet énorme complexe industriel qui va fonctionner avec des travailleurs-esclaves jusqu’à fin 1944. En janvier 1945, devant l’avancée de l’Armée Rouge l’évacuation du camp commence, une marche de la mort dans un froid glacial jusqu’à Gross Rosen puis transport en train jusqu’à Buchenwald où il arrive le 10 février 1945 ; un nouveau matricule lui est alors attribué le 125 140. Il subit une nouvelle évacuation vers le KL de Dachau. Arrivé le 11 juin 1945, porteur du typhus Adolf Roman est évacué le 13 ou le 23 en train sur l’île de Reichenau sur le lac de Constance où il est pris en charge par les services de santé de la Croix Rouge française qui ont été mis en place par la Première Armée Française du général de Lattre de Tassigny.
Monique Vézilier
Sources :
Archives SHD Caen
ADGard 1W139
Collections Arolsen archives : dossier Roman Adolf, Doc ID : 77804000, 76850324
https://www.jewishgen.org/forgottencamps/Camps/Blechhammer
https://afmd.org › gross-rosen
« La Première Armée française et la Libération des déportés en 1945 (Philibert de Loisy et Francis de Saint Aubin » https://www.aphg.fr/IMG/pdf/170429-dp2017_1_.pdf
RECHERCHEZ
Adolf Roman naît à Francfort en 1913. Son père Emmanuel et sa mère Hélène Hirschfeld, native de Prusse orientale, habitent Francfort. Ils ont quatre enfants : Betti née en 1912, Adolf, Wilhem en 1914 et Hermann en 1919. Le père, Emmanuel Roman soldat pendant la 1ère Guerre mondiale fonde en 1925 un atelier de chaussures orthopédiques dans cette ville. Membre du parti social-démocrate et militant, il est accusé de « haute trahison » et condamné en mai 1935 à 4 ans de prison. Après avoir purgé sa peine il est transféré à Buchenwald où il décède le 12 mai 1941.
À l’été 1936, Adolf alors mécanicien de profession est marié et père d’un enfant, craignant les persécutions raciales il se réfugie à Bruxelles avec toute la famille : sa mère, sa sœur et ses deux frères. Le 10 mai 1940 la Belgique passe sous tutelle allemande ; les ordonnances anti-juives sont appliquées : recensement, regroupement rendus obligatoires. La famille Roman est internée à Malines puis déportée à Auschwitz où elle est assassinée en 1942. Seul Adolf parvient à s’échapper.
Adolf Roman est arrêté une première fois sur la ligne de démarcation (SHD Caen). On retrouve sa trace dans le pays minier gardois où il est enregistré au 805ème GTE (Groupe de Travailleurs Étrangers) de La Grand Combe, à La Favède. Il est ensuite arrêté à Langlade certainement dans le camp du 304ème GTE. Le 11 août 1942 il est interné à Pithiviers et transféré à Drancy le 22 d’où il déporté dans le convoi 24 du 26 août 1942. C’est le premier convoi à s’arrêter à Cosel à proximité d’Auschwitz : une sélection a lieu et les Allemands le sélectionne parmi les hommes valides qui sont envoyés dans des camps de travail situés dans la région.
Les 3056 premiers prisonniers masculins de Blechhammer portaient les numéros tatoués d’Auschwitz de 176 512 à 179 567. Adolph Roman a le numéro matricule 178 463 dans cet énorme complexe industriel qui va fonctionner avec des travailleurs-esclaves jusqu’à fin 1944. En janvier 1945, devant l’avancée de l’Armée Rouge l’évacuation du camp commence, une marche de la mort dans un froid glacial jusqu’à Gross Rosen puis transport en train jusqu’à Buchenwald où il arrive le 10 février 1945 ; un nouveau matricule lui est alors attribué le 125 140. Il subit une nouvelle évacuation vers le KL de Dachau. Arrivé le 11 juin 1945, porteur du typhus Adolf Roman est évacué le 13 ou le 23 en train sur l’île de Reichenau sur le lac de Constance où il est pris en charge par les services de santé de la Croix Rouge française qui ont été mis en place par la Première Armée Française du général de Lattre de Tassigny.
Monique Vézilier
Sources :
Archives SHD Caen
ADGard 1W139
Collections Arolsen archives : dossier Roman Adolf, Doc ID : 77804000, 76850324
https://www.jewishgen.org/forgottencamps/Camps/Blechhammer
https://afmd.org › gross-rosen
« La Première Armée française et la Libération des déportés en 1945 (Philibert de Loisy et Francis de Saint Aubin » https://www.aphg.fr/IMG/pdf/170429-dp2017_1_.pdf




