RECHERCHEZ
Yankel, dit Georges Keisermann naît à Kichinev, capitale de la Bessarabie [i], alors intégrée à l’empire russe. Il est le fils aîné de Youinon Herscko Keiserman et de Tzina Korkmazskaya [ii]. Il arrive en France en 1914 à l’âge de 19 ans laissant à Kichinev ses frères Joseph et Maurice, journaliers, ainsi que son père, sa mère étant décédée lorsqu’il avait 9 ans.
Du fait de la révolution russe, il perd le contact avec sa famille. Georges est à Paris de 1914 à 1916. Il a l’intention de s’engager pour la durée de la guerre, mais il est refusé car trop jeune. Il aurait cependant travaillé dans les tranchées près de Nancy pendant une durée de 18 mois au cours des hostilités.
En 1926, il s’établit à Marseille, 1 rue du Petit Saint-Jean comme chausseur. Il envoie cette année-là une deuxième lettre de demande de naturalisation. L’année suivante, il devient négociant et tient un commerce de cuirs, peaux et fournitures générales pour chaussures, installé au 10 rue Saint Ferréol Prolongée. Le magasin est intitulé : « G. Sina Keisermann », sans doute en souvenir de sa mère Tzina. Un document l’enregistre comme cordonnier-façonnier. Il obtient enfin la naturalisation française et le décret est publié au Journal Officiel le 20 mai 1927. Georges Keisermann se marie quelques mois plus tard, le 5 juillet, avec Lise Goldenberg née à Marseille le 3 septembre 1903. Ils s’installent alors au 47 rue Terrusse de cette ville. Ils auront trois enfants : Claude né le 25 juillet 1929, Richard né le 4 mars 1934 et Colette née le 1 janvier 1939.
Georges est arrêté le 18 avril 1943 dans son commerce par la Gestapo pour propagande anti allemande et en tant qu’israélite (Attestation du grand Rabbin de Marseille du 26 mars 1953). Le Service de Sûreté allemand de Marseille lui saisit la somme de 73 190 francs et 120 francs en pièces d’or ainsi que deux chevalières. Une enquête de la Sûreté Nationale atteste qu’il est connu honorablement dans son quartier. « Sa conduite, sa moralité et son attitude au point de vue national n’avaient donné lieu à aucune remarque défavorable connue de la part de nos services, durant son séjour à Marseille ». Son casier judiciaire est vierge.
Il est Interné à Drancy le 1er mai 1943 avec le matricule 1086. Malgré un échange de lettres entre les autorités de l’époque et un courrier du Ministre de la Justice daté du 27 mai 1943 demandant sa libération compte tenu de sa nationalité française, il est déporté en direction d’Auschwitz le 31 juillet 1943 par le convoi N° 58. Il est vu à Birkenau au mois d’août 1943 mais sans nouvelles depuis. Georges ne reviendra pas et son décès sera fixé par jugement au 7 août 1943. Les Renseignements Généraux ne retrouvent aucun dossier relatant sa disparition ou sa mort au sein de leurs archives régionales. Sa veuve Lise Keisermann née Goldenberg reste à Marseille au 47 rue de Terrusse en 1948 puis au 4 Boulevard de la Liberté de la même ville selon un document de 1954.
Le nom de Georges Keiserman (sic) figure sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah, dalle n° 24, colonne n° 8, rangée n° 3.
NOTA : A ce jour, aucun lien de Georges Keisermann n’a été retrouvé avec le Gard hormis son nom dans la liste des déportés établie par Maître Charles Bedos après-guerre.
Rédacteur : Georges Muller
[i] Aujourd’hui Chisinau, capitale de la Moldavie.
[ii] Autres formes de leurs noms : Gersh/Hersh Keyzerman, alias Gauzberg, et Tsina Korkmazhkaya. Ils se sont mariés à Kichinev le 27 juin 1894. Leur acte de mariage précise : « selon la permission du rabbin de la ville d’Orgeyev du 20 juin 1894 ; [lui] célibataire, citadin de Tyvra [elle] demoiselle, citadine de Bender ; dot payée : 48 roubles en argent ».
Sources :
Archives de Caen, dossier 21P468431. Mémorial de la Shoah.
Sur le site du Mémorial de la Shoah, voir le témoignage de son fils Richard Keisermann : https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=id:755158
Témoignages de son fils Richard Keisermann (décembre 2022 et janvier 2023) et de sa cousine Monique Tel-Boima qui a transmis un courrier de juin 2017 avec des éléments du dossier de naturalisation de Georges Keisermann.
Photo transmise par son fils Richard.
Base de données JewishGen : https://www.jewishgen.org
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Yankel, dit Georges Keisermann naît à Kichinev, capitale de la Bessarabie [i], alors intégrée à l’empire russe. Il est le fils aîné de Youinon Herscko Keiserman et de Tzina Korkmazskaya [ii]. Il arrive en France en 1914 à l’âge de 19 ans laissant à Kichinev ses frères Joseph et Maurice, journaliers, ainsi que son père, sa mère étant décédée lorsqu’il avait 9 ans.
Du fait de la révolution russe, il perd le contact avec sa famille. Georges est à Paris de 1914 à 1916. Il a l’intention de s’engager pour la durée de la guerre, mais il est refusé car trop jeune. Il aurait cependant travaillé dans les tranchées près de Nancy pendant une durée de 18 mois au cours des hostilités.
En 1926, il s’établit à Marseille, 1 rue du Petit Saint-Jean comme chausseur. Il envoie cette année-là une deuxième lettre de demande de naturalisation. L’année suivante, il devient négociant et tient un commerce de cuirs, peaux et fournitures générales pour chaussures, installé au 10 rue Saint Ferréol Prolongée. Le magasin est intitulé : « G. Sina Keisermann », sans doute en souvenir de sa mère Tzina. Un document l’enregistre comme cordonnier-façonnier. Il obtient enfin la naturalisation française et le décret est publié au Journal Officiel le 20 mai 1927. Georges Keisermann se marie quelques mois plus tard, le 5 juillet, avec Lise Goldenberg née à Marseille le 3 septembre 1903. Ils s’installent alors au 47 rue Terrusse de cette ville. Ils auront trois enfants : Claude né le 25 juillet 1929, Richard né le 4 mars 1934 et Colette née le 1 janvier 1939.
Georges est arrêté le 18 avril 1943 dans son commerce par la Gestapo pour propagande anti allemande et en tant qu’israélite (Attestation du grand Rabbin de Marseille du 26 mars 1953). Le Service de Sûreté allemand de Marseille lui saisit la somme de 73 190 francs et 120 francs en pièces d’or ainsi que deux chevalières. Une enquête de la Sûreté Nationale atteste qu’il est connu honorablement dans son quartier. « Sa conduite, sa moralité et son attitude au point de vue national n’avaient donné lieu à aucune remarque défavorable connue de la part de nos services, durant son séjour à Marseille ». Son casier judiciaire est vierge.
Il est Interné à Drancy le 1er mai 1943 avec le matricule 1086. Malgré un échange de lettres entre les autorités de l’époque et un courrier du Ministre de la Justice daté du 27 mai 1943 demandant sa libération compte tenu de sa nationalité française, il est déporté en direction d’Auschwitz le 31 juillet 1943 par le convoi N° 58. Il est vu à Birkenau au mois d’août 1943 mais sans nouvelles depuis. Georges ne reviendra pas et son décès sera fixé par jugement au 7 août 1943. Les Renseignements Généraux ne retrouvent aucun dossier relatant sa disparition ou sa mort au sein de leurs archives régionales. Sa veuve Lise Keisermann née Goldenberg reste à Marseille au 47 rue de Terrusse en 1948 puis au 4 Boulevard de la Liberté de la même ville selon un document de 1954.
Le nom de Georges Keiserman (sic) figure sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah, dalle n° 24, colonne n° 8, rangée n° 3.
NOTA : A ce jour, aucun lien de Georges Keisermann n’a été retrouvé avec le Gard hormis son nom dans la liste des déportés établie par Maître Charles Bedos après-guerre.
Rédacteur : Georges Muller
[i] Aujourd’hui Chisinau, capitale de la Moldavie.
[ii] Autres formes de leurs noms : Gersh/Hersh Keyzerman, alias Gauzberg, et Tsina Korkmazhkaya. Ils se sont mariés à Kichinev le 27 juin 1894. Leur acte de mariage précise : « selon la permission du rabbin de la ville d’Orgeyev du 20 juin 1894 ; [lui] célibataire, citadin de Tyvra [elle] demoiselle, citadine de Bender ; dot payée : 48 roubles en argent ».
Sources :
Archives de Caen, dossier 21P468431. Mémorial de la Shoah.
Sur le site du Mémorial de la Shoah, voir le témoignage de son fils Richard Keisermann : https://ressources.memorialdelashoah.org/notice.php?q=id:755158
Témoignages de son fils Richard Keisermann (décembre 2022 et janvier 2023) et de sa cousine Monique Tel-Boima qui a transmis un courrier de juin 2017 avec des éléments du dossier de naturalisation de Georges Keisermann.
Photo transmise par son fils Richard.
Base de données JewishGen : https://www.jewishgen.org




