BRUN Paul Marie 

  • 60807 Buchenwald

  • Né le 10 janvier 1890 à Nîmes

  • Décédé à Buchenwald le 5 mars 1945

A sa naissance, Paul Marie est enregistré à l’État-Civil sous le patronyme de sa mère Caroline COMBE âgée alors de 32 ans, sans profession. Caroline est elle-même née à Nîmes et s’est mariée une première fois en juillet 1874 avec un sculpteur, Jacques Grégoire, dont elle a divorcé en mars 1887. Paul est reconnu trois ans après sa naissance, le 21 juin 1893, par Marie Laurent Jean Baptiste Paul Brun. On ne sait à quelle date Paul devient pupille de l’Assistance Publique et est placé dans un foyer, place du Château à Nîmes, mais on sait que sa mère et son père sont morts avant 1907.

À 18 ans, Paul s’engage pour une durée de cinq ans dans la Marine, à Toulon.  Son parcours militaire de 1908 à 1913 le voit d’abord matelot à bord du d’Estrées, puis du Suffren et enfin du Jules Michelet jusqu’en février 1911. Il est ensuite incorporé à la Section Spéciale du 163ème Régiment d’Infanterie de Calvi, destinée aux « fortes têtes » où il reste jusqu’en janvier 1913.

Au cours de cette même année, il s’installe à Nîmes et y exerce le métier de peintre-décorateur.

Alors que Paul appartient encore à la Réserve de l’Armée Active, il se marie à 23 ans, le 21 juin 1913, avec Marguerite Honorine Jaume, née à Beaucaire 16 ans plus tôt ; Marguerite étant mineure, le mariage a nécessité le consentement des parents de cette dernière. Le couple vit à Nîmes au 10 rue de l’horloge, domicile de l’épouse (et probablement de ses parents). Leur enfant, Paul Joseph Antonin Brun, naît le 8 août 1914 à Nîmes, soit quelques jours après que son père a été appelé sous les drapeaux. C’est son grand-père maternel Joseph Henri Jaume, employé de commerce, qui va le présenter à la mairie.

Mobilisé début août 1914, Paul se rend au bureau de recrutement de Nîmes où il reçoit le matricule 1458.  Le 18 août, il part rejoindre son corps d’affectation : le 240ème Régiment d’Infanterie, au sein duquel il participe probablement aux combats dans les Ardennes, puis en Champagne. Suite à la perte accidentelle de son pouce gauche en 1917 lors d’une permission, il est une première fois « classé au Service Auxiliaire par la Commission de Réforme de Privas, puis déclaré apte au combat, par cette même commission en 1918. Il est envoyé dans différents Régiments d’Infanterie, jusqu’à sa démobilisation le 26 mars 1919. Il rejoint alors Nîmes et y habite pendant un temps au 8 rue Bachalas, puis au 7 rue du Château-Fadaise.

Le divorce entre Paul et Marguerite est prononcé le 4 février 1927. Celui-ci se remarie le 22 décembre de la même année avec Marie Louise Elise Dussaud, âgée de 33 ans, sans profession. Le couple vit au 7 rue des Chassaintes à Nîmes puis, en mars 1935, s’installe à Toulon, 4 rue Saint Paul. Au début de la seconde guerre mondiale, leur domicile se trouve derrière le port, au 35 rue de Pomet. Paul exerce toujours son métier de peintre-décorateur.

Pour des raisons inconnues, il est arrêté à Toulon le 16 février 1944 – peut-être a-t-il eu quelques activités de résistance [i] -, puis il est interné au Fort-Barraux (Isère) jusqu’au 22 juin, d’où il est envoyé à Grenoble et déporté le jour même par le convoi I.231, dans le cadre de l’opération Frühlingswind [ii]. Arrivé à Buchenwald le 3 juillet 1944 comme déporté politique – matricule 60807 -, il est placé au block 44. Sa fiche le décrit comme un homme grand (1m 79) de forte corpulence, sans casier judiciaire et sans autre signe particulier qu’un pouce manquant. Il meurt dans le camp le 5 mars 1945, à 55 ans, sa fiche médicale évoquant une « défaillance cardiaque » comme cause de son décès.

Quant à son fils Paul Joseph BRUN, soldat dans l’Infanterie, celui-ci a été fait prisonnier de guerre dès juin 1940. Il est exécuté peu de temps avant son père, le 23 janvier 1945 à Blechhammer, par les SS, au moment de la libération du Stalag VI G et sera déclaré Mort pour la France. Pendant la guerre, l’épouse de celui-ci, Aimée SAIX, gardoise, pupille de la Nation, avec laquelle il s’est marié en 1936, est restée au domicile du couple, route de Sauve à Nîmes.

 

Rédaction : Marie Balta, Gérard Krebs

[i]  Mémorial Gen Web memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/complementter.php ?id=9629272

[ii]  L’opération « Frühlingswind » (« Vent de Printemps ») regroupe dans un premier temps les détenus considérés comme « terroristes » et incarcérés par Vichy dans 11 établissements pénitenciers, détenus – hommes ou femmes – qui sont ensuite transférés à Compiègne pour être déportés. Au total, entre février et mai 1944, sans doute plus de 2 800 condamnés, principalement communistes, sont livrés aux Allemands. Vichy y ajoutera des internés du Marché noir et, à la demande des Allemands, des internés anglo-américains. Source Thomas Fontaine, « Déporter : politiques de déportation et répression en France occupée : 1940-1944 » ; Histoire, Université Panthéon-Sorbonne – Paris I, 2013., pp 826 et suivantes

Cf. https://theses.hal.science/tel-01325232.
Voir également la biographie de Paul Porte.

Sources :

– J.O. n° 256 du 04 novembre 1987. Page 12396 :

Paul Marie Brun est cité dans le Livre Mémorial des Déportés de France de la F.M.D. tome 2, page 988, ref 54291.

Archives Départementales du Gard : Etat Civil (extraits d’Actes de naissance de Paul Marie Brun et de son fils, Paul Joseph, actes des deux mariages de Paul en Mairie de Nîmes) et registres militaires.

Archives AROLSEN

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BRUN Paul Marie 

  • 60807 Buchenwald

  • Né le 10 janvier 1890 à Nîmes

  • Décédé à Buchenwald le 5 mars 1945

A sa naissance, Paul Marie est enregistré à l’État-Civil sous le patronyme de sa mère Caroline COMBE âgée alors de 32 ans, sans profession. Caroline est elle-même née à Nîmes et s’est mariée une première fois en juillet 1874 avec un sculpteur, Jacques Grégoire, dont elle a divorcé en mars 1887. Paul est reconnu trois ans après sa naissance, le 21 juin 1893, par Marie Laurent Jean Baptiste Paul Brun. On ne sait à quelle date Paul devient pupille de l’Assistance Publique et est placé dans un foyer, place du Château à Nîmes, mais on sait que sa mère et son père sont morts avant 1907.

À 18 ans, Paul s’engage pour une durée de cinq ans dans la Marine, à Toulon.  Son parcours militaire de 1908 à 1913 le voit d’abord matelot à bord du d’Estrées, puis du Suffren et enfin du Jules Michelet jusqu’en février 1911. Il est ensuite incorporé à la Section Spéciale du 163ème Régiment d’Infanterie de Calvi, destinée aux « fortes têtes » où il reste jusqu’en janvier 1913.

Au cours de cette même année, il s’installe à Nîmes et y exerce le métier de peintre-décorateur.

Alors que Paul appartient encore à la Réserve de l’Armée Active, il se marie à 23 ans, le 21 juin 1913, avec Marguerite Honorine Jaume, née à Beaucaire 16 ans plus tôt ; Marguerite étant mineure, le mariage a nécessité le consentement des parents de cette dernière. Le couple vit à Nîmes au 10 rue de l’horloge, domicile de l’épouse (et probablement de ses parents). Leur enfant, Paul Joseph Antonin Brun, naît le 8 août 1914 à Nîmes, soit quelques jours après que son père a été appelé sous les drapeaux. C’est son grand-père maternel Joseph Henri Jaume, employé de commerce, qui va le présenter à la mairie.

Mobilisé début août 1914, Paul se rend au bureau de recrutement de Nîmes où il reçoit le matricule 1458.  Le 18 août, il part rejoindre son corps d’affectation : le 240ème Régiment d’Infanterie, au sein duquel il participe probablement aux combats dans les Ardennes, puis en Champagne. Suite à la perte accidentelle de son pouce gauche en 1917 lors d’une permission, il est une première fois « classé au Service Auxiliaire par la Commission de Réforme de Privas, puis déclaré apte au combat, par cette même commission en 1918. Il est envoyé dans différents Régiments d’Infanterie, jusqu’à sa démobilisation le 26 mars 1919. Il rejoint alors Nîmes et y habite pendant un temps au 8 rue Bachalas, puis au 7 rue du Château-Fadaise.

Le divorce entre Paul et Marguerite est prononcé le 4 février 1927. Celui-ci se remarie le 22 décembre de la même année avec Marie Louise Elise Dussaud, âgée de 33 ans, sans profession. Le couple vit au 7 rue des Chassaintes à Nîmes puis, en mars 1935, s’installe à Toulon, 4 rue Saint Paul. Au début de la seconde guerre mondiale, leur domicile se trouve derrière le port, au 35 rue de Pomet. Paul exerce toujours son métier de peintre-décorateur.

Pour des raisons inconnues, il est arrêté à Toulon le 16 février 1944 – peut-être a-t-il eu quelques activités de résistance [i] -, puis il est interné au Fort-Barraux (Isère) jusqu’au 22 juin, d’où il est envoyé à Grenoble et déporté le jour même par le convoi I.231, dans le cadre de l’opération Frühlingswind [ii]. Arrivé à Buchenwald le 3 juillet 1944 comme déporté politique – matricule 60807 -, il est placé au block 44. Sa fiche le décrit comme un homme grand (1m 79) de forte corpulence, sans casier judiciaire et sans autre signe particulier qu’un pouce manquant. Il meurt dans le camp le 5 mars 1945, à 55 ans, sa fiche médicale évoquant une « défaillance cardiaque » comme cause de son décès.

Quant à son fils Paul Joseph BRUN, soldat dans l’Infanterie, celui-ci a été fait prisonnier de guerre dès juin 1940. Il est exécuté peu de temps avant son père, le 23 janvier 1945 à Blechhammer, par les SS, au moment de la libération du Stalag VI G et sera déclaré Mort pour la France. Pendant la guerre, l’épouse de celui-ci, Aimée SAIX, gardoise, pupille de la Nation, avec laquelle il s’est marié en 1936, est restée au domicile du couple, route de Sauve à Nîmes.

 

Rédaction : Marie Balta, Gérard Krebs

[i]  Mémorial Gen Web memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/complementter.php ?id=9629272

[ii]  L’opération « Frühlingswind » (« Vent de Printemps ») regroupe dans un premier temps les détenus considérés comme « terroristes » et incarcérés par Vichy dans 11 établissements pénitenciers, détenus – hommes ou femmes – qui sont ensuite transférés à Compiègne pour être déportés. Au total, entre février et mai 1944, sans doute plus de 2 800 condamnés, principalement communistes, sont livrés aux Allemands. Vichy y ajoutera des internés du Marché noir et, à la demande des Allemands, des internés anglo-américains. Source Thomas Fontaine, « Déporter : politiques de déportation et répression en France occupée : 1940-1944 » ; Histoire, Université Panthéon-Sorbonne – Paris I, 2013., pp 826 et suivantes

Cf. https://theses.hal.science/tel-01325232.
Voir également la biographie de Paul Porte.

Sources :

– J.O. n° 256 du 04 novembre 1987. Page 12396 :

Paul Marie Brun est cité dans le Livre Mémorial des Déportés de France de la F.M.D. tome 2, page 988, ref 54291.

Archives Départementales du Gard : Etat Civil (extraits d’Actes de naissance de Paul Marie Brun et de son fils, Paul Joseph, actes des deux mariages de Paul en Mairie de Nîmes) et registres militaires.

Archives AROLSEN

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