BORNE Léon 

  • Maïdanek

  • Né le 1 octobre 1921 à Anvers

  • Décédé en mars 1943 à Maidanek

La famille Borensztejn, originaire de Pologne, s’installe à Anvers dans les années 1920. Le père, Zélig Borensztejn est né le 12 octobre 1891 à Lukow au sud-est de Varsovie en Pologne. Il y a fait des études religieuses et est devenu kabbaliste. Il épouse en juillet 1919, Anna Burstin, originaire elle aussi de Lukow, alors âgée de vingt ans.

Le jeune couple, fuyant les pogroms et craignant l’antisémitisme montant en Europe de l’Est, décide de venir s’installer en Belgique au début des années 1920. Zélig et Anna auront 4 garçons, tous nés à Anvers : Léon, l’aîné en 1921 puis Isaac 10 avril 1923, Joseph 02 mai 1924 et Albert, le plus jeune, le 15 janvier 1930.

A Anvers, la famille habite dans la partie Nord de l’agglomération. Le père Zélig enseigne d’abord l’hébreu avant de s’installer comme cliveur chez un diamantaire dans le quartier situé près de la célèbre gare.

La famille Borensztejn est juive ashkénaze et pratiquante. Les garçons parlent yiddish en plus de l’hébreu mais aussi flamand et français. Ils participent aux formations du Bund, mouvement révolutionnaire juif et laïque, à la fois parti politique et organisation de défense de la communauté juive. Dans les années 20, Anvers abrite plus de 35 000 personnes juives, soit la moitié des Juifs vivant en Belgique. Dans les années 30, la communauté juive d’Anvers accueille de nombreux émigrés fuyant l’Allemagne et l’Europe centrale devant les dangers liés au nazisme. Beaucoup envisagent de partir vers les Etats Unis mais ce pays ferme ses frontières et ces émigrés se retrouvent piégés en Europe, espérant cependant que la neutralité belge les mettra à l’abri des conquêtes allemandes.

Dès 1939, avant l’arrivée des nazis, la famille Borensztejn quitte la Belgique. La maman, Anna, est morte prématurément cette année-là à l’âge de 36 ans. Le père, Zélig, qui sent venir des menaces lourdes du côté de l’Allemagne, décide de quitter Anvers et de mettre ses fils à l’abri dans le Sud de la France. Il installe les quatre garçons à Carbonne, petite ville située au sud-ouest de Toulouse et continue ses activités de diamantaire en faisant des allers retours entre Anvers et Nice où il y avait une taillerie de diamants. Il confie 2 beaux diamants à un ami à Nice pour assurer l’avenir de ses garçons au cas où il lui arriverait malheur. Isaac et ses trois frères, qui ne parlent pas ou peu le français, ne peuvent pas travailler et sont aidés financièrement par leur père. Ils quittent Carbonne au début 1942 pour s’installer d’abord à Toulouse puis à Montauban où les réfugiés belges sont très nombreux.

En effet, la ville de Montauban est devenue de manière surprenante le terminus pour des milliers d’exilés et de réfugiés juifs venus de toute l’Europe du Nord, et en particulier des sujets belges. Montauban accueille et protège aussi dans son musée, grâce au Nîmois André Chamson, une grande partie des collections du musée du Louvre dont la Joconde.

Pendant ce temps, à Toulouse, la résistance juive s’organise. Abraham Polonski, ingénieur électricien toulousain, dit Monsieur Pol, y crée en 1941 une organisation sioniste appelée La Main forte qui apporte des secours aux réfugiés juifs en leur fournissant de faux papiers, des cachettes et des passeurs pour partir vers l’Espagne.

Malgré cette résistance, l’étau se resserre.

La famille Borensztejn décide une fois de plus de fuir et vient, en avril 1942, s’installer à Nîmes.

Léon choisit de rester à Toulouse. Il y est arrêté le 21 janvier 1943, interné au camp de Gurs, transféré à Drancy le 2 mars puis déporté le 6 mars 1943 par le convoi 51 au camp de Maidanek en Pologne où il meurt pendu par les nazis.

Francine Cabane et Jean-Paul Boré

Sources :

Vous avez un complément d’informations ? N’hésitez pas nous le faire savoir.

BORNE Léon 

  • Maïdanek

  • Né le 1 octobre 1921 à Anvers

  • Décédé en mars 1943 à Maidanek

La famille Borensztejn, originaire de Pologne, s’installe à Anvers dans les années 1920. Le père, Zélig Borensztejn est né le 12 octobre 1891 à Lukow au sud-est de Varsovie en Pologne. Il y a fait des études religieuses et est devenu kabbaliste. Il épouse en juillet 1919, Anna Burstin, originaire elle aussi de Lukow, alors âgée de vingt ans.

Le jeune couple, fuyant les pogroms et craignant l’antisémitisme montant en Europe de l’Est, décide de venir s’installer en Belgique au début des années 1920. Zélig et Anna auront 4 garçons, tous nés à Anvers : Léon, l’aîné en 1921 puis Isaac 10 avril 1923, Joseph 02 mai 1924 et Albert, le plus jeune, le 15 janvier 1930.

A Anvers, la famille habite dans la partie Nord de l’agglomération. Le père Zélig enseigne d’abord l’hébreu avant de s’installer comme cliveur chez un diamantaire dans le quartier situé près de la célèbre gare.

La famille Borensztejn est juive ashkénaze et pratiquante. Les garçons parlent yiddish en plus de l’hébreu mais aussi flamand et français. Ils participent aux formations du Bund, mouvement révolutionnaire juif et laïque, à la fois parti politique et organisation de défense de la communauté juive. Dans les années 20, Anvers abrite plus de 35 000 personnes juives, soit la moitié des Juifs vivant en Belgique. Dans les années 30, la communauté juive d’Anvers accueille de nombreux émigrés fuyant l’Allemagne et l’Europe centrale devant les dangers liés au nazisme. Beaucoup envisagent de partir vers les Etats Unis mais ce pays ferme ses frontières et ces émigrés se retrouvent piégés en Europe, espérant cependant que la neutralité belge les mettra à l’abri des conquêtes allemandes.

Dès 1939, avant l’arrivée des nazis, la famille Borensztejn quitte la Belgique. La maman, Anna, est morte prématurément cette année-là à l’âge de 36 ans. Le père, Zélig, qui sent venir des menaces lourdes du côté de l’Allemagne, décide de quitter Anvers et de mettre ses fils à l’abri dans le Sud de la France. Il installe les quatre garçons à Carbonne, petite ville située au sud-ouest de Toulouse et continue ses activités de diamantaire en faisant des allers retours entre Anvers et Nice où il y avait une taillerie de diamants. Il confie 2 beaux diamants à un ami à Nice pour assurer l’avenir de ses garçons au cas où il lui arriverait malheur. Isaac et ses trois frères, qui ne parlent pas ou peu le français, ne peuvent pas travailler et sont aidés financièrement par leur père. Ils quittent Carbonne au début 1942 pour s’installer d’abord à Toulouse puis à Montauban où les réfugiés belges sont très nombreux.

En effet, la ville de Montauban est devenue de manière surprenante le terminus pour des milliers d’exilés et de réfugiés juifs venus de toute l’Europe du Nord, et en particulier des sujets belges. Montauban accueille et protège aussi dans son musée, grâce au Nîmois André Chamson, une grande partie des collections du musée du Louvre dont la Joconde.

Pendant ce temps, à Toulouse, la résistance juive s’organise. Abraham Polonski, ingénieur électricien toulousain, dit Monsieur Pol, y crée en 1941 une organisation sioniste appelée La Main forte qui apporte des secours aux réfugiés juifs en leur fournissant de faux papiers, des cachettes et des passeurs pour partir vers l’Espagne.

Malgré cette résistance, l’étau se resserre.

La famille Borensztejn décide une fois de plus de fuir et vient, en avril 1942, s’installer à Nîmes.

Léon choisit de rester à Toulouse. Il y est arrêté le 21 janvier 1943, interné au camp de Gurs, transféré à Drancy le 2 mars puis déporté le 6 mars 1943 par le convoi 51 au camp de Maidanek en Pologne où il meurt pendu par les nazis.

Francine Cabane et Jean-Paul Boré

Sources :

Vous avez un complément d’informations ? N’hésitez pas nous le faire savoir.