RECHERCHEZ
Viviane Rosa Léa Bardot est née à Gallargues le 16 août 1904[1]. Elle est la fille de Maurice Bardot, 24 ans, propriétaire et de Céline Mathilde Figaret, 20 ans, sans profession.
Viviane Bardot, devenue stoppeuse dans l’habillement et sa mère, font partie du même réseau que Jean Folcher de la radio diffusion française. Domiciliée à Montpellier, elle sert d’agent de liaison avec sa mère entre Nîmes, Gallargues et Montpellier. Plusieurs témoignages de Gallarguois font état de leurs activités clandestines, y compris la cache de Juifs dans leur mazet « Mont Plaisir » à côté du pont romain sur le Vidourle. Toutes deux échappent une première arrestation en juillet 1943.
Viviane, célibataire tient un commerce à Palavas et s’engage dans les Forces Françaises Combattantes FFC[2] selon le décret N°366 du 25 juillet 1942 et l’attestation des FFI N° 1955 le 16 juin 1945. L’agent P2 du réseau 3 sera élevé au grade de sous-lieutenant FFI avec pour période retenue du 01 janvier 1943 18 avril 1945. Elle a pour mission la liaison entre le Mouvement Uni de la Résistance MUR et l’Action Secrète AS. Elle transporte et distribue des tracts et journaux sur Lunel et Montpellier. Son logement sert très souvent pour des réunions clandestines et héberge des israélites afin de les faire échapper aux lois raciales, mais aussi des résistants traqués.
Sur dénonciation d’un Gallarguois, Viviane et sa mère sont arrêtées le 18 janvier 1944 par
six agents de la Gestapo, Français et Allemands
Plusieurs récits de témoins des événements, dont Madame Jean Folcher, Georges de Chambrun, député Gard Lozère, font état d’une brutalité bestiale des français de la Gestapo éructant ; « Fout lui un coup de pied au cul à la vieille ! Tu verras qu’elle montera plus vite ! ». La présence d’hommes en manteaux noir bloquant l’arrière de la maison est également mentionnée dans ces témoignages, confirmant ainsi que l’issue « de secours » ne pouvait être connue qu’avec la précision apportée par un Gallarguois.
En 1953, à Marseille, les membres de la Gestapo de Montpellier, sont jugés lors d’un procès qui dure deux semaines. Un article du journal « le Provençal » du 24 novembre cite le témoignage de Viviane. Elle relate aux juges du tribunal militaire de la IXe région, son arrestation et celle de sa mère, citant un dénommé Steup qui fait partie des accusés. Elle fait état des violences de ce dernier. Pendant le procès, un dénommé Ludwig Kocher, surnommé « le boxeur » ou « le tueur », commandant du SIPO. SR, reconnaît avoir lui-même arrêté Viviane Bardot, un des coaccusés reconnaît l’avoir conduite à la prison de la villa des Rosiers à Montpellier où elle a été détenue, privée de nourriture et interrogée pendant plusieurs jours avant d’être déportée. Faute de pouvoir la confondre, sa mère a été relâchée.
Viviane a un pseudo et c’est sous ce faux nom qu’elle est d’abord internée à la prison de Montpellier 08 janvier 1944 au 08 mars 1944. Sur sa fiche figure le nom de Daniel avec pour prénom Louise, née à Oran en Algérie le 16 août 1904 demeurant à Rodez dans l’Aveyron.
Le 9 mars elle est transférée au camp de Romainville où lui est attribué le n° 4987 avant d’être déportée vers Ravensbrück le 18 avril 1944, avec l’arrivée au camp le 22 avril 1944 sous le matricule 35171.
Libérée par la Croix rouge le 18 avril 1945, elle est rapatriée le 21 avril.
Il lui est décernée la Médaille de la Résistance avec citation au JO le 05 octobre 1946.
Après son retour en France, Viviane Bardot continue à vivre à Montpellier. Adepte des Témoins de Jehova, elle aura un fils, Daniel.
Sa mère vivra à Gallargues jusqu’à la fin de ses jours.
Viviane décède à 88 ans, à Marseille le 30 décembre 1992.
À l’occasion de la rénovation de la place des Martyrs-de-la-Résistance, la Ville de Montpellier rend hommage à 145 résistantes et résistants montpelliérains à travers des pavés mémoriels gravés à leurs noms. Parmi eux, figure le nom de cette résistante.
Jean-Paul Boré
[1] https://www.ajpn.org/arrestationdep-30.html
[2] 268 réseaux de résistance homologués parmi les Forces françaises combattantes (FFC) 268 réseaux de résistance furent reconnus parmi les Forces françaises combattantes (FFC), à la suite d’une procédure administrative menée après la guerre par une Commission nationale d’homologation.
Sources :
– J.O. n° 256 du 04 novembre 1987. Page 12396 :
Paul Marie Brun est cité dans le Livre Mémorial des Déportés de France de la F.M.D. tome 2, page 988, ref 54291.
Archives Départementales du Gard : Etat Civil (extraits d’Actes de naissance de Paul Marie Brun et de son fils, Paul Joseph, actes des deux mariages de Paul en Mairie de Nîmes) et registres militaires.
Archives AROLSEN
RECHERCHEZ
Viviane Rosa Léa Bardot est née à Gallargues le 16 août 1904[1]. Elle est la fille de Maurice Bardot, 24 ans, propriétaire et de Céline Mathilde Figaret, 20 ans, sans profession.
Viviane Bardot, devenue stoppeuse dans l’habillement et sa mère, font partie du même réseau que Jean Folcher de la radio diffusion française. Domiciliée à Montpellier, elle sert d’agent de liaison avec sa mère entre Nîmes, Gallargues et Montpellier. Plusieurs témoignages de Gallarguois font état de leurs activités clandestines, y compris la cache de Juifs dans leur mazet « Mont Plaisir » à côté du pont romain sur le Vidourle. Toutes deux échappent une première arrestation en juillet 1943.
Viviane, célibataire tient un commerce à Palavas et s’engage dans les Forces Françaises Combattantes FFC[2] selon le décret N°366 du 25 juillet 1942 et l’attestation des FFI N° 1955 le 16 juin 1945. L’agent P2 du réseau 3 sera élevé au grade de sous-lieutenant FFI avec pour période retenue du 01 janvier 1943 18 avril 1945. Elle a pour mission la liaison entre le Mouvement Uni de la Résistance MUR et l’Action Secrète AS. Elle transporte et distribue des tracts et journaux sur Lunel et Montpellier. Son logement sert très souvent pour des réunions clandestines et héberge des israélites afin de les faire échapper aux lois raciales, mais aussi des résistants traqués.
Sur dénonciation d’un Gallarguois, Viviane et sa mère sont arrêtées le 18 janvier 1944 par
six agents de la Gestapo, Français et Allemands
Plusieurs récits de témoins des événements, dont Madame Jean Folcher, Georges de Chambrun, député Gard Lozère, font état d’une brutalité bestiale des français de la Gestapo éructant ; « Fout lui un coup de pied au cul à la vieille ! Tu verras qu’elle montera plus vite ! ». La présence d’hommes en manteaux noir bloquant l’arrière de la maison est également mentionnée dans ces témoignages, confirmant ainsi que l’issue « de secours » ne pouvait être connue qu’avec la précision apportée par un Gallarguois.
En 1953, à Marseille, les membres de la Gestapo de Montpellier, sont jugés lors d’un procès qui dure deux semaines. Un article du journal « le Provençal » du 24 novembre cite le témoignage de Viviane. Elle relate aux juges du tribunal militaire de la IXe région, son arrestation et celle de sa mère, citant un dénommé Steup qui fait partie des accusés. Elle fait état des violences de ce dernier. Pendant le procès, un dénommé Ludwig Kocher, surnommé « le boxeur » ou « le tueur », commandant du SIPO. SR, reconnaît avoir lui-même arrêté Viviane Bardot, un des coaccusés reconnaît l’avoir conduite à la prison de la villa des Rosiers à Montpellier où elle a été détenue, privée de nourriture et interrogée pendant plusieurs jours avant d’être déportée. Faute de pouvoir la confondre, sa mère a été relâchée.
Viviane a un pseudo et c’est sous ce faux nom qu’elle est d’abord internée à la prison de Montpellier 08 janvier 1944 au 08 mars 1944. Sur sa fiche figure le nom de Daniel avec pour prénom Louise, née à Oran en Algérie le 16 août 1904 demeurant à Rodez dans l’Aveyron.
Le 9 mars elle est transférée au camp de Romainville où lui est attribué le n° 4987 avant d’être déportée vers Ravensbrück le 18 avril 1944, avec l’arrivée au camp le 22 avril 1944 sous le matricule 35171.
Libérée par la Croix rouge le 18 avril 1945, elle est rapatriée le 21 avril.
Il lui est décernée la Médaille de la Résistance avec citation au JO le 05 octobre 1946.
Après son retour en France, Viviane Bardot continue à vivre à Montpellier. Adepte des Témoins de Jehova, elle aura un fils, Daniel.
Sa mère vivra à Gallargues jusqu’à la fin de ses jours.
Viviane décède à 88 ans, à Marseille le 30 décembre 1992.
À l’occasion de la rénovation de la place des Martyrs-de-la-Résistance, la Ville de Montpellier rend hommage à 145 résistantes et résistants montpelliérains à travers des pavés mémoriels gravés à leurs noms. Parmi eux, figure le nom de cette résistante.
Jean-Paul Boré
[1] https://www.ajpn.org/arrestationdep-30.html
[2] 268 réseaux de résistance homologués parmi les Forces françaises combattantes (FFC) 268 réseaux de résistance furent reconnus parmi les Forces françaises combattantes (FFC), à la suite d’une procédure administrative menée après la guerre par une Commission nationale d’homologation.
Sources :
– J.O. n° 256 du 04 novembre 1987. Page 12396 :
Paul Marie Brun est cité dans le Livre Mémorial des Déportés de France de la F.M.D. tome 2, page 988, ref 54291.
Archives Départementales du Gard : Etat Civil (extraits d’Actes de naissance de Paul Marie Brun et de son fils, Paul Joseph, actes des deux mariages de Paul en Mairie de Nîmes) et registres militaires.
Archives AROLSEN



