RECHERCHEZ
Aimé, Fernand, Adrien Valeyre (1) a une enfance difficile. Ses parents : Félix Valeyre et Rose, Elisa Amphoux se marient à Nîmes deux mois avant sa naissance : le 25 mai 1916. Son père, 22 ans, serrurier de métier, est alors soldat au 4e régiment d’Infanterie Coloniale à Hyères (Var). Sa mère, sans profession a le même âge. La famille est domiciliée au 10 rue de la Pitié à Nîmes, dans le Gard.
Le petit Aimé est élevé par sa mère – aidée par sa grand-mère habitant avec eux -, avant que son père ne soit démobilisé, en novembre 1919. Mais le couple va mal : il divorce le 13 juillet 1922. Aimé et sa mère résident alors au 26 bis rue Enclos-Rey, à Nîmes. A 14 ans, après avoir été condamné pour vol et vagabondage, Aimé est envoyé à la Colonie Agricole et Pénitentiaire de Mettray (Indre-et-Loire) jusqu’à sa majorité (2). Il s’en échappe cependant en juillet 1936, avec trois camarades, après une précédente tentative huit mois plus tôt.
Une fois majeur, Aimé retourne apparemment à Nîmes (3). Le 9 septembre 1937, devenu forgeron, il épouse dans sa ville natale une jeune fille de 16 ans, Marcelle Rouquier. Le couple, établi à Nîmes, 2bis rue Rouget de Lisle, donne naissance l’année suivante à un fils prénommé Guy.
Au moment de la guerre, Aimé est affecté comme simple soldat (« canonnier ») au 113e régiment d’artillerie lourde hippomobile de Nîmes et semble avoir été démobilisé en novembre 1942. Au vu des événements il tente de traverser la frontière espagnole en 1943 mais se fait arrêter le 1er juillet par la Feldgendarmerie dans les Pyrénées orientales, à Prats-de-Mollo. Il se retrouve incarcéré à la citadelle de Perpignan puis transféré à la prison de Fresnes à la mi-août. Il est déporté quelques jours plus tard dans le cadre de la procédure Nacht und Nebel.
On ne connaît pas son parcours jusqu’à son arrivée à Gross Rosen à la fin 1944, où il reçoit le matricule 87820 (4). Le 8 février 1945 il est évacué vers Dora où il arrive trois jours plus tard avec un nouveau matricule : 119305. Enfin, il est déplacé vers Bergen-Belsen le 4 avril 1945 d’où il est libéré par les Britanniques le 15 du même mois. Aimé est rapatrié le 21 mai 1945 par Hazebrouck et se réinstalle à Nîmes.
Il divorce l’année de son retour et en 1952, se remarie à Nîmes avec Maria Carrasco le 15 juillet.
Le 8 mars 1990 Aimé Valeyre décède à Nîmes à l’âge de 73 ans. Il est inhumé dans le cimetière du Pont-de-Justice de sa ville natale. (Acte N° 500)
Rédacteur : Georges Muller
(1) Il semble qu’il utilise plus tard Fernand comme prénom d’usage.
(2)Cf. Wikipédia : « La colonie agricole et pénitentiaire de Mettray est un établissement créé en 1839 pour réhabiliter les délinquants les plus jeunes […]. Fermé en 1939, cet établissement, en dépit de ses principes fondateurs idéalistes, à savoir éduquer et rééduquer les jeunes délinquants par le travail de la terre, est considéré comme l’ancêtre des bagnes pour enfants. »
(3) Après son évasion, peut-être est-il retourné à Mettray. Etant de la classe 1936, il aurait dû faire son service national à partir de l’été de cette année-là et y rester pendant deux ans, jusqu’en 1938. Mais son acte de mariage le décrit comme forgeron et ne fait aucune mention d’une éventuelle présence sous les drapeaux en 1937…
(4) Aimé déclarera être arrivé à Gross Rosen en août 1943, cependant son matricule correspond à une entrée en novembre/décembre 1944.
Sources :
Archives Départementales du Gard (Etat Civil, Registres Militaires)
« Le Livre des 9 000 déportés de France au camp de Mittelbau-Dora », Le Cherche Midi, 2020, page 2250.
Site BNF-Gallica (« Le Républicain du Gard » du 10/06/1931 et « L’Avenir » du 26/07/1936)
RECHERCHEZ
Aimé, Fernand, Adrien Valeyre (1) a une enfance difficile. Ses parents : Félix Valeyre et Rose, Elisa Amphoux se marient à Nîmes deux mois avant sa naissance : le 25 mai 1916. Son père, 22 ans, serrurier de métier, est alors soldat au 4e régiment d’Infanterie Coloniale à Hyères (Var). Sa mère, sans profession a le même âge. La famille est domiciliée au 10 rue de la Pitié à Nîmes, dans le Gard.
Le petit Aimé est élevé par sa mère – aidée par sa grand-mère habitant avec eux -, avant que son père ne soit démobilisé, en novembre 1919. Mais le couple va mal : il divorce le 13 juillet 1922. Aimé et sa mère résident alors au 26 bis rue Enclos-Rey, à Nîmes. A 14 ans, après avoir été condamné pour vol et vagabondage, Aimé est envoyé à la Colonie Agricole et Pénitentiaire de Mettray (Indre-et-Loire) jusqu’à sa majorité (2). Il s’en échappe cependant en juillet 1936, avec trois camarades, après une précédente tentative huit mois plus tôt.
Une fois majeur, Aimé retourne apparemment à Nîmes (3). Le 9 septembre 1937, devenu forgeron, il épouse dans sa ville natale une jeune fille de 16 ans, Marcelle Rouquier. Le couple, établi à Nîmes, 2bis rue Rouget de Lisle, donne naissance l’année suivante à un fils prénommé Guy.
Au moment de la guerre, Aimé est affecté comme simple soldat (« canonnier ») au 113e régiment d’artillerie lourde hippomobile de Nîmes et semble avoir été démobilisé en novembre 1942. Au vu des événements il tente de traverser la frontière espagnole en 1943 mais se fait arrêter le 1er juillet par la Feldgendarmerie dans les Pyrénées orientales, à Prats-de-Mollo. Il se retrouve incarcéré à la citadelle de Perpignan puis transféré à la prison de Fresnes à la mi-août. Il est déporté quelques jours plus tard dans le cadre de la procédure Nacht und Nebel.
On ne connaît pas son parcours jusqu’à son arrivée à Gross Rosen à la fin 1944, où il reçoit le matricule 87820 (4). Le 8 février 1945 il est évacué vers Dora où il arrive trois jours plus tard avec un nouveau matricule : 119305. Enfin, il est déplacé vers Bergen-Belsen le 4 avril 1945 d’où il est libéré par les Britanniques le 15 du même mois. Aimé est rapatrié le 21 mai 1945 par Hazebrouck et se réinstalle à Nîmes.
Il divorce l’année de son retour et en 1952, se remarie à Nîmes avec Maria Carrasco le 15 juillet.
Le 8 mars 1990 Aimé Valeyre décède à Nîmes à l’âge de 73 ans. Il est inhumé dans le cimetière du Pont-de-Justice de sa ville natale. (Acte N° 500)
Rédacteur : Georges Muller
(1) Il semble qu’il utilise plus tard Fernand comme prénom d’usage.
(2)Cf. Wikipédia : « La colonie agricole et pénitentiaire de Mettray est un établissement créé en 1839 pour réhabiliter les délinquants les plus jeunes […]. Fermé en 1939, cet établissement, en dépit de ses principes fondateurs idéalistes, à savoir éduquer et rééduquer les jeunes délinquants par le travail de la terre, est considéré comme l’ancêtre des bagnes pour enfants. »
(3) Après son évasion, peut-être est-il retourné à Mettray. Etant de la classe 1936, il aurait dû faire son service national à partir de l’été de cette année-là et y rester pendant deux ans, jusqu’en 1938. Mais son acte de mariage le décrit comme forgeron et ne fait aucune mention d’une éventuelle présence sous les drapeaux en 1937…
(4) Aimé déclarera être arrivé à Gross Rosen en août 1943, cependant son matricule correspond à une entrée en novembre/décembre 1944.
Sources :
Archives Départementales du Gard (Etat Civil, Registres Militaires)
« Le Livre des 9 000 déportés de France au camp de Mittelbau-Dora », Le Cherche Midi, 2020, page 2250.
Site BNF-Gallica (« Le Républicain du Gard » du 10/06/1931 et « L’Avenir » du 26/07/1936)



