RECHERCHEZ
Fernand, Charles Vacaresse semble être l’unique enfant d’un couple de nîmois, mariés le 28 décembre 1895 : Paul Vacaresse (1869-1929) et Rose Marguerite Fieu (1876-1934). Son père, « limonadier », gère le Bar des rotondes, 70 rue de Richelieu à Nîmes, où vit également la famille.
Dans les années 1930, Fernand qui habite boulevard sergent Triaire à Nîmes, est employé à la compagnie de chemin de fer PLM. Il se marie le 6 octobre 1937 avec Marie Louise Combe (1910-2012), sans profession, résidant 55 rue de Grézan dans cette ville.
Mobilisé en 1939, Fernand est envoyé au 99e Régiment d’Infanterie Alpine à Lyon où il reste probablement jusqu’à l’Armistice. Au début de l’Occupation, il est muté aux ateliers SNCF de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), ce qui l’amène à s’installer avec son épouse non loin de son lieu de travail, à Villeneuve-le-Roi, 41 avenue Georges Clémenceau.
Militant communiste, Fernand intègre très tôt la Résistance. Il rejoint le Front National dès le mois d’août 1941 et participe ensuite à la création des FTPF de Seine-et-Oise, à partir de janvier 1942. Selon ses déclarations, il est : « responsable de l’organisation du Front-National à la 41ème Section. Premier organisateur des F.T.P.F. (secteur P.5). Responsable de l’imprimerie clandestine en ce secteur. Participation à des distributions de tracts. Hébergement de résistants. Participation à des actes de sabotages en ce secteur. A mon arrestation, j’étais porteur de papiers compromettants dont un document expliquant les formes de combats et d’actions à conduire militairement. »
La police nationale l’arrête le 9 août 1942 à son domicile de Villeneuve-Le-Roi. Il racontera : « dénoncé, je fus surveillé pendant plusieurs jours. La police révélant des circonstances d’activités vint m’arrêter et perquisitionner. » De nombreux voisins sont témoins de son arrestation et quatre personnes sont impliquées dans la même affaire dont deux de ses collègues de l’atelier SNCF de Villeneuve-Saint-Georges : MM. Vigne et Letorgeon, qui périront en déportation.
Incarcéré au motif qu’il possédait des tracts communistes et un drapeau rouge, Fernand est détenu à la prison de Corbeil (Essonne) du 13 août au 11 septembre 1942 puis à Paris à celle du Cherche-Midi, du 11 septembre au 3 décembre 1942, date de son départ en déportation.
En Allemagne, il passe successivement par la prison de Trèves, le camp d’Hinzert et la prison de Wolfenbüttel, du 25 avril au 15 novembre 1943, d’où il est envoyé à celle de Breslau. C’est là que le tribunal spécial de la ville le condamne à la peine de mort, commuée en travaux forcés le 15 juin 1944, pour « avoir facilité l’entreprise de l’ennemi ». Le 25 juin, il est envoyé exécuter sa peine à Sonnenbourg (1) où il reste jusqu’au 20 novembre 1944, avant d’être déporté au camp d’Oranienburg-Sachsenhausen. Il est libéré par les Russes le 22 avril de l’année suivante.
Rapatrié le 25 juin 1945, il rentre chez lui à Villeneuve-Le-Roi. En 1947, il est décoré de l’ordre de la Libération. Deux ans plus tard, ses services dans la Résistance lui donnent le grade de sous-lieutenant à titre fictif. Il est déclaré déporté résistant le 3 octobre 1951 avec une période d’internement prise en compte du 9 août au 2 décembre 1942 et une période de déportation du 3 décembre 1942 au 24 juin 1945 (2). Sa carte porte le numéro 1.001.06184.
Au début des années 1950, il retourne vivre à Nîmes, villa Bousquet, route de Courbessac. Il y décède le 2 mars 1981, à l’âge de 70 ans.
Rédacteur : Georges Muller
(1) Cf. Wikipédia : « La Zuchthaus [maison de travaux forcés) reçoit des résistants sous statut Nuit et Brouillard, condamnés aux travaux forcés par les tribunaux allemands et des condamnés à mort en attente d’exécution. Ceux-ci sont principalement des Français, des Belges, des Luxembourgeois, mais aussi des Néerlandais et des Norvégiens, mélangés à des détenus de droit commun. La vermine, le froid, l’humidité, la disette, les conditions de travail et les mauvais traitements provoquent de mortelles épidémies de grippe, de typhus et de tuberculose. »
(2) A partir de la date de son arrestation, il est considéré comme ayant fait partie du réseau « Résistance-Fer » des FFC.
Sources :
Etat-civil
Archives de Caen, dossier 21 P 685 435
Sites : Gallica-BnF : « le Journal du Midi » du 27/09/1937
Mémoire des Hommes
Généanet (arbre généalogique d’Olivier Marasco)
RECHERCHEZ
Fernand, Charles Vacaresse semble être l’unique enfant d’un couple de nîmois, mariés le 28 décembre 1895 : Paul Vacaresse (1869-1929) et Rose Marguerite Fieu (1876-1934). Son père, « limonadier », gère le Bar des rotondes, 70 rue de Richelieu à Nîmes, où vit également la famille.
Dans les années 1930, Fernand qui habite boulevard sergent Triaire à Nîmes, est employé à la compagnie de chemin de fer PLM. Il se marie le 6 octobre 1937 avec Marie Louise Combe (1910-2012), sans profession, résidant 55 rue de Grézan dans cette ville.
Mobilisé en 1939, Fernand est envoyé au 99e Régiment d’Infanterie Alpine à Lyon où il reste probablement jusqu’à l’Armistice. Au début de l’Occupation, il est muté aux ateliers SNCF de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), ce qui l’amène à s’installer avec son épouse non loin de son lieu de travail, à Villeneuve-le-Roi, 41 avenue Georges Clémenceau.
Militant communiste, Fernand intègre très tôt la Résistance. Il rejoint le Front National dès le mois d’août 1941 et participe ensuite à la création des FTPF de Seine-et-Oise, à partir de janvier 1942. Selon ses déclarations, il est : « responsable de l’organisation du Front-National à la 41ème Section. Premier organisateur des F.T.P.F. (secteur P.5). Responsable de l’imprimerie clandestine en ce secteur. Participation à des distributions de tracts. Hébergement de résistants. Participation à des actes de sabotages en ce secteur. A mon arrestation, j’étais porteur de papiers compromettants dont un document expliquant les formes de combats et d’actions à conduire militairement. »
La police nationale l’arrête le 9 août 1942 à son domicile de Villeneuve-Le-Roi. Il racontera : « dénoncé, je fus surveillé pendant plusieurs jours. La police révélant des circonstances d’activités vint m’arrêter et perquisitionner. » De nombreux voisins sont témoins de son arrestation et quatre personnes sont impliquées dans la même affaire dont deux de ses collègues de l’atelier SNCF de Villeneuve-Saint-Georges : MM. Vigne et Letorgeon, qui périront en déportation.
Incarcéré au motif qu’il possédait des tracts communistes et un drapeau rouge, Fernand est détenu à la prison de Corbeil (Essonne) du 13 août au 11 septembre 1942 puis à Paris à celle du Cherche-Midi, du 11 septembre au 3 décembre 1942, date de son départ en déportation.
En Allemagne, il passe successivement par la prison de Trèves, le camp d’Hinzert et la prison de Wolfenbüttel, du 25 avril au 15 novembre 1943, d’où il est envoyé à celle de Breslau. C’est là que le tribunal spécial de la ville le condamne à la peine de mort, commuée en travaux forcés le 15 juin 1944, pour « avoir facilité l’entreprise de l’ennemi ». Le 25 juin, il est envoyé exécuter sa peine à Sonnenbourg (1) où il reste jusqu’au 20 novembre 1944, avant d’être déporté au camp d’Oranienburg-Sachsenhausen. Il est libéré par les Russes le 22 avril de l’année suivante.
Rapatrié le 25 juin 1945, il rentre chez lui à Villeneuve-Le-Roi. En 1947, il est décoré de l’ordre de la Libération. Deux ans plus tard, ses services dans la Résistance lui donnent le grade de sous-lieutenant à titre fictif. Il est déclaré déporté résistant le 3 octobre 1951 avec une période d’internement prise en compte du 9 août au 2 décembre 1942 et une période de déportation du 3 décembre 1942 au 24 juin 1945 (2). Sa carte porte le numéro 1.001.06184.
Au début des années 1950, il retourne vivre à Nîmes, villa Bousquet, route de Courbessac. Il y décède le 2 mars 1981, à l’âge de 70 ans.
Rédacteur : Georges Muller
(1) Cf. Wikipédia : « La Zuchthaus [maison de travaux forcés) reçoit des résistants sous statut Nuit et Brouillard, condamnés aux travaux forcés par les tribunaux allemands et des condamnés à mort en attente d’exécution. Ceux-ci sont principalement des Français, des Belges, des Luxembourgeois, mais aussi des Néerlandais et des Norvégiens, mélangés à des détenus de droit commun. La vermine, le froid, l’humidité, la disette, les conditions de travail et les mauvais traitements provoquent de mortelles épidémies de grippe, de typhus et de tuberculose. »
(2) A partir de la date de son arrestation, il est considéré comme ayant fait partie du réseau « Résistance-Fer » des FFC.
Sources :
Etat-civil
Archives de Caen, dossier 21 P 685 435
Sites : Gallica-BnF : « le Journal du Midi » du 27/09/1937
Mémoire des Hommes
Généanet (arbre généalogique d’Olivier Marasco)



