UBER Maurice

  • 77798 Dachau

  • Né le 21 avril 1926 à Blondefontaine (Haute-Saône)

  • Décédé le 22 juillet 1999 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)

Les parents de Maurice : Dieudonné Uber, dit Lucien, et Angèle Émilienne Lefort se marient le 12 septembre 1925 à Dijon, ils ont respectivement 29 et 21 ans. Lui, veuf, est né à Fismes (Marne), d’un père cordonnier et est devenu encaisseur à Dijon. Angèle, née à Barges en Haute-Saône, est fille d’agriculteurs de la commune de Blondefontaine et ne travaille pas. La première épouse de Dieudonné, Madeleine Louise Leroux, est morte à Blondefontaine en décembre 1924.

Maurice naît le 21 avril 1926 dans ce même village franc-comtois, on ne sait s’il a des frères et sœurs ou des demi-frères ou sœurs du premier mariage de son père.

Il est possible qu’il ait appris la boulangerie, puis se soit orienté vers un métier technique, soit en Haute-Saône, soit à Marseille, car c’est dans cette ville que ses parents s’installent, au 63 avenue de la Timone ; on ne peut préciser la date de leur arrivée dans la cité phocéenne.

Maurice fait parler de lui en 1942. Il est alors âgé de seize ans et se retrouve de passage à Nîmes dans la nuit du 15 au 16 décembre 1942, avec un ami, Paul Blanco âgé de 17 ans. Le propriétaire de l’Hôtel Central situé place du Château à Nîmes surprend les deux jeunes gens dans la cave de son établissement en train de lui dérober des denrées alimentaires et quelques vêtements. Maurice le met en joue avec un revolver et les deux comparses s’enfuient. Lorsqu’ils sont arrêtés le lendemain à Nîmes, c’est P. Blanco qui porte l’arme à feu achetée en commun sur les quais de Marseille deux jours plus tôt. Ce dernier, charpentier sans travail s’était évadé de l’asile du Chevalon à Voreppe, près de Grenoble et Maurice avait déjà été poursuivi pour port d’arme prohibée. C’est lors d’une mise en liberté provisoire et après avoir connu P. Blanco à la prison de Chave (prison départementale des Bouches-du-Rhône), qu’ils ont acheté le revolver ensemble et se sont rendu à Nîmes.

Sitôt arrêtés, le 20 décembre, ils sont tous deux inculpés de vol qualifié et de détention irrégulière d’arme. Ils sont écroués à la Maison d’Arrêt puis à la Maison Centrale à Nîmes, avant d’être jugés par le Tribunal Spécial pour Enfants et Adolescents en février 1943. Ils sont condamnés au total à cinq ans de prison pour les deux chefs d’inculpations et au versement solidaire d’une somme de 195 francs. Ils font appel, voient leur culpabilité confirmée en mai 1943, mais la Cour d’appel modifie l’application des peines, les deux peines sont confondues : ils feront trois ans de prison chacun. La Cour estime leur discernement total, mais leur jeunesse peut être reconnue comme une circonstance atténuante. Le pourvoi en Cassation présenté à la suite de ce jugement est par contre rejeté en août 1943.

Transféré à Lyon dès la mi-avril 1943, Maurice est incarcéré à Blois à partir du 6 décembre. Il est ensuite envoyé à Compiègne (matricule 41474) où il arrive le 1er juin 1944, avant d’être déporté par le convoi I.240 du 2 juillet 1944 vers Dachau (matricule 77798). Dès le 22 du même mois, il est affecté au kommando de Neckarelz pour y être soumis au travail forcé. Il n’y reste finalement que quelques mois : le camp est évacué vers Dachau début septembre (1) puis ce dernier est libéré par les Américains le 29 avril 1945. La fiche médicale de Maurice indique que son poids est bas pour une taille assez petite. On le rapatrie en France par Mulhouse fin mai 1945.

Maurice retourne alors vivre à Marseille, d’abord au 63 avenue de la Timone, puis, peut-être après le divorce de ses parents en 1955, à la Villa Mont Vert, rue Pierre Benoît, dans le quartier Saint Jérôme. Ses tentatives effectuées dès 1948, puis reprises en 1959-60 pour se voir attribuer le titre de Déporté Politique échoueront. Il lui sera finalement notifié « qu’il n’a été déporté pour [aucune] autre raison que celle d’une infraction de droit commun ».

Sa mère meurt en 1997 à Marseille et Maurice à Aix-en-Provence, deux ans après, à 73 ans.

 

Rédaction : Marie Balta, Gérard Krebs

Notes :

(1) cf. https://journals.openedition.org/allemagne/1853?lang=de

Sources :

Archives Arolsen ; archives de Caen, dossier n° 21 P 685044

Etat Civil de la Haute-Saône

Base de données Décès de l’INSEE

es en 2021.

Vous avez un complément d’informations ? N’hésitez pas nous le faire savoir.

UBER Maurice

  • 77798 Dachau

  • Né le 21 avril 1926 à Blondefontaine (Haute-Saône)

  • Décédé le 22 juillet 1999 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)

Les parents de Maurice : Dieudonné Uber, dit Lucien, et Angèle Émilienne Lefort se marient le 12 septembre 1925 à Dijon, ils ont respectivement 29 et 21 ans. Lui, veuf, est né à Fismes (Marne), d’un père cordonnier et est devenu encaisseur à Dijon. Angèle, née à Barges en Haute-Saône, est fille d’agriculteurs de la commune de Blondefontaine et ne travaille pas. La première épouse de Dieudonné, Madeleine Louise Leroux, est morte à Blondefontaine en décembre 1924.

Maurice naît le 21 avril 1926 dans ce même village franc-comtois, on ne sait s’il a des frères et sœurs ou des demi-frères ou sœurs du premier mariage de son père.

Il est possible qu’il ait appris la boulangerie, puis se soit orienté vers un métier technique, soit en Haute-Saône, soit à Marseille, car c’est dans cette ville que ses parents s’installent, au 63 avenue de la Timone ; on ne peut préciser la date de leur arrivée dans la cité phocéenne.

Maurice fait parler de lui en 1942. Il est alors âgé de seize ans et se retrouve de passage à Nîmes dans la nuit du 15 au 16 décembre 1942, avec un ami, Paul Blanco âgé de 17 ans. Le propriétaire de l’Hôtel Central situé place du Château à Nîmes surprend les deux jeunes gens dans la cave de son établissement en train de lui dérober des denrées alimentaires et quelques vêtements. Maurice le met en joue avec un revolver et les deux comparses s’enfuient. Lorsqu’ils sont arrêtés le lendemain à Nîmes, c’est P. Blanco qui porte l’arme à feu achetée en commun sur les quais de Marseille deux jours plus tôt. Ce dernier, charpentier sans travail s’était évadé de l’asile du Chevalon à Voreppe, près de Grenoble et Maurice avait déjà été poursuivi pour port d’arme prohibée. C’est lors d’une mise en liberté provisoire et après avoir connu P. Blanco à la prison de Chave (prison départementale des Bouches-du-Rhône), qu’ils ont acheté le revolver ensemble et se sont rendu à Nîmes.

Sitôt arrêtés, le 20 décembre, ils sont tous deux inculpés de vol qualifié et de détention irrégulière d’arme. Ils sont écroués à la Maison d’Arrêt puis à la Maison Centrale à Nîmes, avant d’être jugés par le Tribunal Spécial pour Enfants et Adolescents en février 1943. Ils sont condamnés au total à cinq ans de prison pour les deux chefs d’inculpations et au versement solidaire d’une somme de 195 francs. Ils font appel, voient leur culpabilité confirmée en mai 1943, mais la Cour d’appel modifie l’application des peines, les deux peines sont confondues : ils feront trois ans de prison chacun. La Cour estime leur discernement total, mais leur jeunesse peut être reconnue comme une circonstance atténuante. Le pourvoi en Cassation présenté à la suite de ce jugement est par contre rejeté en août 1943.

Transféré à Lyon dès la mi-avril 1943, Maurice est incarcéré à Blois à partir du 6 décembre. Il est ensuite envoyé à Compiègne (matricule 41474) où il arrive le 1er juin 1944, avant d’être déporté par le convoi I.240 du 2 juillet 1944 vers Dachau (matricule 77798). Dès le 22 du même mois, il est affecté au kommando de Neckarelz pour y être soumis au travail forcé. Il n’y reste finalement que quelques mois : le camp est évacué vers Dachau début septembre (1) puis ce dernier est libéré par les Américains le 29 avril 1945. La fiche médicale de Maurice indique que son poids est bas pour une taille assez petite. On le rapatrie en France par Mulhouse fin mai 1945.

Maurice retourne alors vivre à Marseille, d’abord au 63 avenue de la Timone, puis, peut-être après le divorce de ses parents en 1955, à la Villa Mont Vert, rue Pierre Benoît, dans le quartier Saint Jérôme. Ses tentatives effectuées dès 1948, puis reprises en 1959-60 pour se voir attribuer le titre de Déporté Politique échoueront. Il lui sera finalement notifié « qu’il n’a été déporté pour [aucune] autre raison que celle d’une infraction de droit commun ».

Sa mère meurt en 1997 à Marseille et Maurice à Aix-en-Provence, deux ans après, à 73 ans.

 

Rédaction : Marie Balta, Gérard Krebs

Notes :

(1) cf. https://journals.openedition.org/allemagne/1853?lang=de

Sources :

Archives Arolsen ; archives de Caen, dossier n° 21 P 685044

Etat Civil de la Haute-Saône

Base de données Décès de l’INSEE

es en 2021.

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