TALAVERA Francisco 

  • 69888 Buchenwald

  • Né le 2 avril 1878 à La Roda (Espagne)

  • Revenu des camps

Il nait le 2 avril 1878 à La Roda (Castille – Espagne). Son père Francois décède en 1908, sa mère Juliana Collado décède en 1888 tous deux à La Roda.

Les circonstances de son entrée en France ne sont pas connues, et on le trouve avec son épouse Maria, au 19 rue de la république à Beaucaire (Gard) où il est agriculteur, lorsqu’il est arrêté pour motifs inconnus le 27 mai 1944. On peut supposer que sa nationalité espagnole n’est étrangère à cela.

Il est vraisemblablement incarcéré dans le camp de St Sulpice la Pointe car celui-ci est vidé de ses occupants le 30 juillet 1944, date à laquelle son convoi de déportation I 252 part de Toulouse à destination du camp de Buchenwald [i] où le matricule 69888 lui est attribué. Ce convoi est composé de 1088 hommes et 130 femmes, de près de 30 nationalités.

Il survivra et reviendra des camps, mais nous n’avons pas trace de son parcours ultérieur.

André FRANCISCO

[i] Extrait témoignage d’un déporté du convoi, Léon Roffino :

 » Le train s’arrête. Ce n’est plus un wagon mais une porcherie des plus écœurantes. Les portes s’ouvrent. Çà gueule de tous les côtés. Des chiens aboient. Nous sautons du wagon et tombons sous les coups de pied, les coups de crosse, les coups de schlague. Ça dure assez longtemps. On nous aligne quatre par quatre, au bout des voies. Au loin, une grande porte d’entrée. Nous sommes à moitié abrutis. Un secrétaire prend notre identité. Puis, il faut abandonner nos vêtements à des employés qui les placent dans des sacs. Nous sommes obligés de partir en courant en file indienne, le long d’un très long couloir qui monte. On nous pousse à grands coups de pieds dans le derrière pour arriver à la salle des tondeurs ou « ramasseurs de poils ».   Les coiffeurs s’occupent de notre système pileux. En cinq minutes, le crâne, le pubis et les aisselles sont complétement rasés. Toujours en courant, il faut suivre de nouveau le grand couloir qui monte à la douche. C’est une vaste pièce carrée, avec des grandes pommes d’arrosoir au plafond. Nous sommes par groupe de cinquante. Dans un angle face à la porte d’entrée, une baignoire remplie de désinfectant très acide. Il faut courir à cette baignoire, sauter dedans, tête comprise, y rester quelques secondes, sinon de chaque côté se trouve des KZ, de vraies brutes qui tiennent le gars plongé sous l’eau souvent jusqu’à suffocation. Ensuite, ils le balancent sur le carrelage. S’il se relève c’est la douche comme tout le monde. Douche collective avec de l’eau bouillante, puis froide. Avant de quitter les lieux, et toujours pour des raisons d’hygiène ; on nous passe un coup de pinceau entre les cuisses. Comme le pinceau est trempé dans du formol ou du « grésil », la réaction, sur la peau fraîchement rasée, est cuisante… »

Sources :

archives espagnoles OFPRA

Vous avez un complément d’informations ? N’hésitez pas nous le faire savoir.

TALAVERA Francisco 

  • 69888 Buchenwald

  • Né le 2 avril 1878 à La Roda (Espagne)

  • Revenu des camps

Il nait le 2 avril 1878 à La Roda (Castille – Espagne). Son père Francois décède en 1908, sa mère Juliana Collado décède en 1888 tous deux à La Roda.

Les circonstances de son entrée en France ne sont pas connues, et on le trouve avec son épouse Maria, au 19 rue de la république à Beaucaire (Gard) où il est agriculteur, lorsqu’il est arrêté pour motifs inconnus le 27 mai 1944. On peut supposer que sa nationalité espagnole n’est étrangère à cela.

Il est vraisemblablement incarcéré dans le camp de St Sulpice la Pointe car celui-ci est vidé de ses occupants le 30 juillet 1944, date à laquelle son convoi de déportation I 252 part de Toulouse à destination du camp de Buchenwald [i] où le matricule 69888 lui est attribué. Ce convoi est composé de 1088 hommes et 130 femmes, de près de 30 nationalités.

Il survivra et reviendra des camps, mais nous n’avons pas trace de son parcours ultérieur.

André FRANCISCO

[i] Extrait témoignage d’un déporté du convoi, Léon Roffino :

 » Le train s’arrête. Ce n’est plus un wagon mais une porcherie des plus écœurantes. Les portes s’ouvrent. Çà gueule de tous les côtés. Des chiens aboient. Nous sautons du wagon et tombons sous les coups de pied, les coups de crosse, les coups de schlague. Ça dure assez longtemps. On nous aligne quatre par quatre, au bout des voies. Au loin, une grande porte d’entrée. Nous sommes à moitié abrutis. Un secrétaire prend notre identité. Puis, il faut abandonner nos vêtements à des employés qui les placent dans des sacs. Nous sommes obligés de partir en courant en file indienne, le long d’un très long couloir qui monte. On nous pousse à grands coups de pieds dans le derrière pour arriver à la salle des tondeurs ou « ramasseurs de poils ».   Les coiffeurs s’occupent de notre système pileux. En cinq minutes, le crâne, le pubis et les aisselles sont complétement rasés. Toujours en courant, il faut suivre de nouveau le grand couloir qui monte à la douche. C’est une vaste pièce carrée, avec des grandes pommes d’arrosoir au plafond. Nous sommes par groupe de cinquante. Dans un angle face à la porte d’entrée, une baignoire remplie de désinfectant très acide. Il faut courir à cette baignoire, sauter dedans, tête comprise, y rester quelques secondes, sinon de chaque côté se trouve des KZ, de vraies brutes qui tiennent le gars plongé sous l’eau souvent jusqu’à suffocation. Ensuite, ils le balancent sur le carrelage. S’il se relève c’est la douche comme tout le monde. Douche collective avec de l’eau bouillante, puis froide. Avant de quitter les lieux, et toujours pour des raisons d’hygiène ; on nous passe un coup de pinceau entre les cuisses. Comme le pinceau est trempé dans du formol ou du « grésil », la réaction, sur la peau fraîchement rasée, est cuisante… »

Sources :

archives espagnoles OFPRA

Vous avez un complément d’informations ? N’hésitez pas nous le faire savoir.