RECHERCHEZ
Adolf Sonnenfeld naît le 14 février 1906 à Bösing[i] (Autriche-Hongrie) dans une famille juive ayant une double culture. Son père : Samuel Lob Sonnenfeld est d’origine allemande, né en 1864 à Klütz (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale). Sa mère : Charlotte Tauber, bien que née la même année à Vienne (Autriche), est hongroise. Mariés le 14 juillet 1897 à Pozsony[ii] (Autriche-Hongrie), ses parents ont deux autres enfants : Wilhelmine (1898) et Martha (1903). En 1907, toute la famille déménage à Vienne.
Dans les années 1920, tandis que ses deux sœurs deviennent modistes, Simon poursuit des études en optomécanique. Cela lui permet de trouver plus tard un emploi comme réparateur chez un fabricant d’optiques de lunettes en nickel. Célibataire, il habite 1/12 Adambergergasse, Vienne 2. Mais les mesures anti-juives décrétées après l’Anschluss, le laissent sans travail et sans ressources. Vers la mi-1938, il dépose une demande de visa d’immigration pour la France[iii], le Royaume-Uni ou « les colonies ». Cette demande étant certainement restée sans suite, il émigre clandestinement en Belgique, se fixant à Gand. Comme de nombreux réfugiés juifs venus du Grand Reich – considérés comme potentiellement favorables à l’ennemi – il est arrêté par les autorités belges, puis expulsé vers la France dans un convoi ferroviaire, à la mi-mai 1940.
Après avoir transité par le camp du Vigeant (Vienne)[iv], il est finalement interné au camp de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales). Suite aux inondations qui dévastent les lieux, il est transféré au camp d‘Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), puis à Gurs (Pyrénées-Atlantiques) dont il s’évade sans doute au début de l’année 1941[v]. Repris, il est affecté au 803° Groupement des Travailleurs Etrangers (GTE) à La Favède (Gard).
Il est arrêté en août 1942[vi], lors des premières rafles menées dans le Gard, visant spécifiquement les juifs réfugiés originaires d’Allemagne, d’Autriche ou d’Europe de l’Est. Le 28 août, après avoir transité par Drancy, il est déporté à Auschwitz, par le convoi 25. Il est probablement gazé dès son arrivée au camp.
Dans le même temps, sa mère Charlotte, restée à Vienne, est déportée le 20 juin 1942 à Theresienstadt puis, le 19 septembre, à Treblinka où elle trouve la mort. Sa sœur Martha, décédée aussi en 1942, semble être également victime des persécutions nazies.
Le nom d’Adolf Sonnenfeld est inscrit sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah, dalle 102, colonne 34, rangée 3.
Gérard Krebs et Eric Bernard
[i] L’une des plus riches villes de l’ancien royaume de Hongrie, alors intégré dans l‘empire austro-hongrois. Aujourd’hui : Pezinok (Slovaquie).
[ii] Aujourd’hui Bratislava (Slovaquie), c’était à l’époque l’une des plus grandes villes de Hongrie. Au début du XXe siècle, elle comptait dans sa population 42 % d’Allemands, 41 % de Hongrois et 15 % de Slovaques (source : Wikipédia).
[iii] Dans sa demande de visa, Adolf précise qu’il a des amis à Paris : la famille de Madame Lamy, 48 rue du Temple.
[iv] Sur le camp du Vigeant, cf. https://www.lesamisdegeneriques.org/ark:/naan/a011442407908xSFLf2
[v] La fiche retranscrite du camp d’Argelès, figurant aux Archives des Pyrénées Orientales indique : « Evadé Camp de GURS, Circulaire – 08/01/1941 », tandis que dans son ouvrage, Marcel Bervoets précise qu’Adolf Sonnefeld (sic) s’est évadé de Gurs le 24 mars 1941 (à moins qu’il s’agisse en réalité de la date à laquelle il a été repris ?).
[vi] Il est peut-être raflé à Nîmes, où on lui connaît comme adresse : 1 rue Formi. Il partage semble-t-il ce domicile avec un autre réfugié autrichien : Oscar Singer, qui sera déporté quelques jours après lui.
Sources :
« La liste de St-Cyprien » par Marcel Bervoets, https://www.ushmm.org/media/dc/HSV/source_media/all_cataloging/general/pdf/source_33334_prepablog.pdf
Archives départementales des PO – Mémorial de la Shoah – site MyHeritage
Photo : site https://beeldbank.kazernedossin.eu/
Site holocaust.cz
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Adolf Sonnenfeld naît le 14 février 1906 à Bösing[i] (Autriche-Hongrie) dans une famille juive ayant une double culture. Son père : Samuel Lob Sonnenfeld est d’origine allemande, né en 1864 à Klütz (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale). Sa mère : Charlotte Tauber, bien que née la même année à Vienne (Autriche), est hongroise. Mariés le 14 juillet 1897 à Pozsony[ii] (Autriche-Hongrie), ses parents ont deux autres enfants : Wilhelmine (1898) et Martha (1903). En 1907, toute la famille déménage à Vienne.
Dans les années 1920, tandis que ses deux sœurs deviennent modistes, Simon poursuit des études en optomécanique. Cela lui permet de trouver plus tard un emploi comme réparateur chez un fabricant d’optiques de lunettes en nickel. Célibataire, il habite 1/12 Adambergergasse, Vienne 2. Mais les mesures anti-juives décrétées après l’Anschluss, le laissent sans travail et sans ressources. Vers la mi-1938, il dépose une demande de visa d’immigration pour la France[iii], le Royaume-Uni ou « les colonies ». Cette demande étant certainement restée sans suite, il émigre clandestinement en Belgique, se fixant à Gand. Comme de nombreux réfugiés juifs venus du Grand Reich – considérés comme potentiellement favorables à l’ennemi – il est arrêté par les autorités belges, puis expulsé vers la France dans un convoi ferroviaire, à la mi-mai 1940.
Après avoir transité par le camp du Vigeant (Vienne)[iv], il est finalement interné au camp de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales). Suite aux inondations qui dévastent les lieux, il est transféré au camp d‘Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), puis à Gurs (Pyrénées-Atlantiques) dont il s’évade sans doute au début de l’année 1941[v]. Repris, il est affecté au 803° Groupement des Travailleurs Etrangers (GTE) à La Favède (Gard).
Il est arrêté en août 1942[vi], lors des premières rafles menées dans le Gard, visant spécifiquement les juifs réfugiés originaires d’Allemagne, d’Autriche ou d’Europe de l’Est. Le 28 août, après avoir transité par Drancy, il est déporté à Auschwitz, par le convoi 25. Il est probablement gazé dès son arrivée au camp.
Dans le même temps, sa mère Charlotte, restée à Vienne, est déportée le 20 juin 1942 à Theresienstadt puis, le 19 septembre, à Treblinka où elle trouve la mort. Sa sœur Martha, décédée aussi en 1942, semble être également victime des persécutions nazies.
Le nom d’Adolf Sonnenfeld est inscrit sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah, dalle 102, colonne 34, rangée 3.
Gérard Krebs et Eric Bernard
[i] L’une des plus riches villes de l’ancien royaume de Hongrie, alors intégré dans l‘empire austro-hongrois. Aujourd’hui : Pezinok (Slovaquie).
[ii] Aujourd’hui Bratislava (Slovaquie), c’était à l’époque l’une des plus grandes villes de Hongrie. Au début du XXe siècle, elle comptait dans sa population 42 % d’Allemands, 41 % de Hongrois et 15 % de Slovaques (source : Wikipédia).
[iii] Dans sa demande de visa, Adolf précise qu’il a des amis à Paris : la famille de Madame Lamy, 48 rue du Temple.
[iv] Sur le camp du Vigeant, cf. https://www.lesamisdegeneriques.org/ark:/naan/a011442407908xSFLf2
[v] La fiche retranscrite du camp d’Argelès, figurant aux Archives des Pyrénées Orientales indique : « Evadé Camp de GURS, Circulaire – 08/01/1941 », tandis que dans son ouvrage, Marcel Bervoets précise qu’Adolf Sonnefeld (sic) s’est évadé de Gurs le 24 mars 1941 (à moins qu’il s’agisse en réalité de la date à laquelle il a été repris ?).
[vi] Il est peut-être raflé à Nîmes, où on lui connaît comme adresse : 1 rue Formi. Il partage semble-t-il ce domicile avec un autre réfugié autrichien : Oscar Singer, qui sera déporté quelques jours après lui.
Sources :
« La liste de St-Cyprien » par Marcel Bervoets, https://www.ushmm.org/media/dc/HSV/source_media/all_cataloging/general/pdf/source_33334_prepablog.pdf
Archives départementales des PO – Mémorial de la Shoah – site MyHeritage
Photo : site https://beeldbank.kazernedossin.eu/
Site holocaust.cz