MOGUE Jean 

  • 75690 Dachau

  • Né le 6 mars 1922 à Donchery (Ardennes)

  • Décédé à Nîmes le 7 novembre 1996

Jean Mogue est le fils de Jules Constant Mogue, mécanicien (1899-1972) et de Renée Marcelle Duchêne, son épouse sans profession (1901-1994), mariés le 19 novembre 1921 à Donchery où ils habitent, cité numéro 47. Jean aura un frère, né le 25 avril 1923, prénommé Yvon, René.

En 1926, la famille s’installe à Vrigne-Meuse (Ardennes). Elle déménage quelques années plus tard pour la région parisienne, se fixant à Asnières (Hauts-de-Seine), où Jean obtient son certificat d’études en juillet 1935. Il apprend ensuite, comme son père, le métier de mécanicien. Plus tard il exerce la profession de cinéaste à Montluçon (Creuse) où il réside, 41 rue du Canal.  En mai 1942, un article de journal « L’écho de l’Allier » relate une verbalisation à son égard pour défaut d’autorisation sur les cinémas ambulants.

La situation incite Jean à s’engager dans la Résistance au sein du mouvement Front National où il utilise ses compétences de radiotechnicien. Il milite apparemment avec le jeune communiste André Hermitte (1925-1945), l’un des fondateurs des Forces unies de la jeunesse patriotique [i]. Jean est probablement arrêté le 21 février 1944 en même temps que celui-ci. Le 22 mai, ils sont condamnés conjointement par la Section Spéciale du tribunal de 1ère instance de Saint-Etienne [ii], puis déportés à Dachau par le transport I.234 qui part de Lyon le 29 juin [iii].

Arrivé au camp le 2 juillet 1944, Jean Mogue reçoit le matricule 75690 et affecté au sous-camp de Kempten situé à cinquante kilomètres de Dachau et à 125 km de Munich. Jean aura connu deux autres déportés : Hildebert Chaintreuil (matricule 76184), communiste faisant partie de son convoi et Louis Terrenoire, gaulliste, arrivé à Dachau le 20 juin 1944 et qui publiera en 1976 un livre de souvenirs intitulé : « Sursitaires de la mort lente ». Celui-ci rapporte que : « ayant découvert un spécialiste radio en la personne de notre camarade Jean Mogue, ils [les Allemands] lui confient sans méfiance la réparation de leurs appareils. » On y apprend aussi une belle solidarité dans ce camp : « Les communistes étaient en train de nous donner une leçon. L’amour du prochain, même débaptisé, laïcisé, mué en solidarité active. De notre côté, je m’emploie à battre le rappel des gaullistes. Nous étions souvent liés par nos convictions religieuses et on se donnait rendez-vous le dimanche pour des prières en commun […] Les communistes assuraient la surveillance pour les protéger. Tandis que ceux qui croyaient au ciel sont réunis, ceux qui n’y croyaient pas faisaient le guet. » [iv]

Après sa libération, Jean se marie le 8 janvier 1949 à Asnières (Seine) avec Solange Martin, ouvrière d’usine domiciliée à Sées, boulevard Pichon. Le couple s’installe ensuite à Asnières, 12 rue Daniel. Dans le cadre du programme d’histoire en collège, Jean Mogue participe à des séances d’information des élèves avec projections et témoignages sur les camps de concentration et le rôle de la Résistance.

Après avoir vécu quelques temps à Saint-Gilles dans le Gard, Jean Mogue décède à Nîmes (Gard) le 7 novembre 1996. Un article de Midi Libre d’avril 2025 rapporte l’hommage rendu par les Saint-Gillois aux natifs ou résidents déportés de cette ville, Jean Mogue faisant partie d’une liste de 15 noms.

Rédacteur : Georges Muller

[i]  Cf. https://maitron.fr/hermitte-andre/

[ii] Cf. archives départementales du Rhône, cote 1035 W 60, affaire N°158 [dossier non consulté]. Source : https://archives.rhone.fr/media/e9d9669f-6132-449a-89c5-3fc104f22fee.pdf

[iii]  Selon le site maitron.fr : « Ce convoi était constitué de prisonniers de la prison Saint-Paul qui avaient profité d’un bombardement allié pour prendre le contrôle de la prison. Mais les enceintes extérieures restées intactes avaient empêché toute fuite et les autorités françaises avaient repris le contrôle de la prison le 29 juin dans la matinée et livré aux Allemands certains détenus. »

[iv]  « Sursitaires de la mort lente – Chrétiens et communistes organisent une opération-survie dans un camp nazi » par Louis Terrenoire, Seghers 1976, page 113.

Sources :

-Mémoire des Hommes
-Service historique de la Défense, Vincennes – GR 16 P 422260 et Caen – SDH/AC 21 P 599344
-Site MyHeritage
-Gallica
-Archives ouvertes
-Midi Libre du 30 avril 2025
-Archives Arolsen
-Etat Civil.

Vous avez un complément d’informations ? N’hésitez pas nous le faire savoir.

MOGUE Jean 

  • 75690 Dachau

  • Né le 6 mars 1922 à Donchery (Ardennes)

  • Décédé à Nîmes le 7 novembre 1996

Jean Mogue est le fils de Jules Constant Mogue, mécanicien (1899-1972) et de Renée Marcelle Duchêne, son épouse sans profession (1901-1994), mariés le 19 novembre 1921 à Donchery où ils habitent, cité numéro 47. Jean aura un frère, né le 25 avril 1923, prénommé Yvon, René.

En 1926, la famille s’installe à Vrigne-Meuse (Ardennes). Elle déménage quelques années plus tard pour la région parisienne, se fixant à Asnières (Hauts-de-Seine), où Jean obtient son certificat d’études en juillet 1935. Il apprend ensuite, comme son père, le métier de mécanicien. Plus tard il exerce la profession de cinéaste à Montluçon (Creuse) où il réside, 41 rue du Canal.  En mai 1942, un article de journal « L’écho de l’Allier » relate une verbalisation à son égard pour défaut d’autorisation sur les cinémas ambulants.

La situation incite Jean à s’engager dans la Résistance au sein du mouvement Front National où il utilise ses compétences de radiotechnicien. Il milite apparemment avec le jeune communiste André Hermitte (1925-1945), l’un des fondateurs des Forces unies de la jeunesse patriotique [i]. Jean est probablement arrêté le 21 février 1944 en même temps que celui-ci. Le 22 mai, ils sont condamnés conjointement par la Section Spéciale du tribunal de 1ère instance de Saint-Etienne [ii], puis déportés à Dachau par le transport I.234 qui part de Lyon le 29 juin [iii].

Arrivé au camp le 2 juillet 1944, Jean Mogue reçoit le matricule 75690 et affecté au sous-camp de Kempten situé à cinquante kilomètres de Dachau et à 125 km de Munich. Jean aura connu deux autres déportés : Hildebert Chaintreuil (matricule 76184), communiste faisant partie de son convoi et Louis Terrenoire, gaulliste, arrivé à Dachau le 20 juin 1944 et qui publiera en 1976 un livre de souvenirs intitulé : « Sursitaires de la mort lente ». Celui-ci rapporte que : « ayant découvert un spécialiste radio en la personne de notre camarade Jean Mogue, ils [les Allemands] lui confient sans méfiance la réparation de leurs appareils. » On y apprend aussi une belle solidarité dans ce camp : « Les communistes étaient en train de nous donner une leçon. L’amour du prochain, même débaptisé, laïcisé, mué en solidarité active. De notre côté, je m’emploie à battre le rappel des gaullistes. Nous étions souvent liés par nos convictions religieuses et on se donnait rendez-vous le dimanche pour des prières en commun […] Les communistes assuraient la surveillance pour les protéger. Tandis que ceux qui croyaient au ciel sont réunis, ceux qui n’y croyaient pas faisaient le guet. » [iv]

Après sa libération, Jean se marie le 8 janvier 1949 à Asnières (Seine) avec Solange Martin, ouvrière d’usine domiciliée à Sées, boulevard Pichon. Le couple s’installe ensuite à Asnières, 12 rue Daniel. Dans le cadre du programme d’histoire en collège, Jean Mogue participe à des séances d’information des élèves avec projections et témoignages sur les camps de concentration et le rôle de la Résistance.

Après avoir vécu quelques temps à Saint-Gilles dans le Gard, Jean Mogue décède à Nîmes (Gard) le 7 novembre 1996. Un article de Midi Libre d’avril 2025 rapporte l’hommage rendu par les Saint-Gillois aux natifs ou résidents déportés de cette ville, Jean Mogue faisant partie d’une liste de 15 noms.

Rédacteur : Georges Muller

[i]  Cf. https://maitron.fr/hermitte-andre/

[ii] Cf. archives départementales du Rhône, cote 1035 W 60, affaire N°158 [dossier non consulté]. Source : https://archives.rhone.fr/media/e9d9669f-6132-449a-89c5-3fc104f22fee.pdf

[iii]  Selon le site maitron.fr : « Ce convoi était constitué de prisonniers de la prison Saint-Paul qui avaient profité d’un bombardement allié pour prendre le contrôle de la prison. Mais les enceintes extérieures restées intactes avaient empêché toute fuite et les autorités françaises avaient repris le contrôle de la prison le 29 juin dans la matinée et livré aux Allemands certains détenus. »

[iv]  « Sursitaires de la mort lente – Chrétiens et communistes organisent une opération-survie dans un camp nazi » par Louis Terrenoire, Seghers 1976, page 113.

Sources :

-Mémoire des Hommes
-Service historique de la Défense, Vincennes – GR 16 P 422260 et Caen – SDH/AC 21 P 599344
-Site MyHeritage
-Gallica
-Archives ouvertes
-Midi Libre du 30 avril 2025
-Archives Arolsen
-Etat Civil.

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