ESTRYN Ruchla née ENGLENDER 

  • 67123 Buchenwald

  • Née le 15 octobre 1908 à Varsovie (Pologne)

  • Décédée le 2 juillet 1999 à Los Angeles

    Rachel (Ruchla) Englender nait le 15 octobre 1908 à Varsovie (Pologne), fille de Morka Englender et de Perla Glasman (décédés tous deux avant 1933).

    Elle a un frère : Ephraim Ferdinand Englender né en 1905 – décédé le 17 décembre 1956 en Israel.

    Elle habite 13 rue st Castor à Nimes et épouse le 4 juillet 1933, à Nîmes, Aron Estryn marchand forain âgé de 31 ans habitant avec ses parents au 14 rue général Perrier à Nîmes, né le 15 mai 1902 en Pologne à Szarkowszczyzna – décédé le 28 décembre 1963 à Los Angeles.

    Aron est prisonnier de guerre et alors qu’elle est vendeuse, elle est arrêtée le 6 mars 1944 par la Gestapo chez elle à Nîmes, avec sa nièce Frania Kahan née Mikanoski, pour « appartenance raciale ». Frania est la fille d’Eva Englender, la sœur de l’époux de Ruchla. Elles sont successivement internées à la caserne Vallongue de Nîmes, puis à la prison des Baumettes à Marseille.

    Elle est envoyée au centre de regroupement des israélites à Drancy avec le matricule 18738. Son carnet de fouille n°1662 du 2 avril 44 mentionne la spoliation qu’elle a subi : 1660 francs (environ 350 euros valeur 2025), une chaine métal jaune, un médaillon or, une bague or et 2 pierres, 2 déchets or.

    Elle est déportée par convoi n° 71[1]  du 13 avril 1944 à destination d’Auschwitz où elle arrive le 16 avril . Elle passe le filtre de la première sélection et échappe à la chambre à gaz. Elle reste vraisemblablement quelques mois à Auschwitz employée à différents travaux et est évacuée vers Bergen-Belsen en décembre 1944.

    De là elle est envoyée le 21 mars 1945 dans un des Kommandos de Buchenwald, celui de Raguhn à proximité de la ville de Dessau. Ce Kommando fournit de la main d’oeuvre pour la Heerbrandt-Werke AG, société sous-traitante de la Junkers Flugzeug- und Motorenwerke. Les détenues y fabriquaient des pièces pour la construction aéronautique dans les usines I, II et III, situées à différents endroits à Raguhn. En règle générale, seule la moitié des détenues se trouvait dans les usines, les autres étant soit malades, soit restées au camp. Une pénurie de matériaux pouvant en être la cause. Les journées de travail pouvaient durer plus de dix heures. Une petite partie des détenus devait également travailler de nuit dans les ateliers II et III. Le dimanche était généralement considéré comme un jour de repos. Elles étaient logées par l’entreprise dans deux baraques déjà existantes sur le site de l’usine III ; celles-ci se trouvaient à la périphérie ouest de la ville, dans l’actuelle Hallesche Straße, à hauteur de la Bobbauer Straße. Ces logements, qui servaient auparavant à héberger des travailleurs forcés venus des pays occupés d’Europe, avaient été entourés de barbelés avant l’arrivée des détenues. Les travaux se déroulaient sur trois sites différents. La plupart des femmes devaient parcourir chaque jour deux kilomètres à travers Raguhn pour se rendre à l’usine dite « Werk I », située sur les rives de la Mulde.

    Le Kommando est évacuée le 9 avril 1945 et ses détenues sont alors transférées au camp de Théresienstadt qui sera libéré le 8 mai 1945 par l’armée russe. le camp comptait alors environ 30 000 personnes, dont 15 000 survivants des marches de la mort arrivés en avril 1945.

    -Sa nièce Frania suit un parcours similaire : Prison de Marseille, camp de Drancy ; convoi 71 à destination d’Auschwitz puis Bergen-Belsen; kommando de Raghun ; camp de Theresienstadt ; rapatriement en France et émigration aux états unis à Los Angeles.

    Ruchla ESTRYN survie et revient s’installer chez elle à Nimes au 14 rue général Perrier et ensuite au 18 rue cité Foulc. Elle est naturalisée française avec son époux par décret du 6 février 1946 – JO du 17 février 1946 (la demande faite le 31 janvier 1939 avait été suspendue du fait du début des hostilités).

    Elle émigre avant 1956 avec son époux aux USA et décède le 2 juillet 1999 à Los Angeles.

    Son nom figure sur le mur des noms du mémorial de la Shoah : dalle 11, colonne 4, rangée 2.

    André FRANCISCO

    [1] Convoi 71: il part de la gare de Paris-Bobigny le 13 avril 1944 emportant 1.499 déportés (624 hommes et 854 femmes et 22 indéterminés). Parmi eux se trouvent 34 des 44 enfants arrêtés à la Maison d’Izieu le 6 avril 1944.

    Le convoi 71 arrive à Auschwitz le 16 avril 1944. 165 hommes sont sélectionnés pour les travaux forcés et tatoués des numéros 184097 à 184261, ainsi que 91 femmes qui sont sélectionnées pour les travaux forcés. Leurs numéros ne sont pas connus. Le reste du convoi est gazé dès son arrivée.

    Sources :

    • Dossier SHD Caen n° 21O 642 139

      Néant FMD

      Mémorial de la Shoah

      Arolsen 67123

      Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

      Mémorial de Buchenwald, Aussenlager Buchenwald

      Irmgard Seidel et Franka Günther, Die Frauen des KZ Buchenwald,  LAG Buchenwald-Dora  2016

      Généanet Pascal BIDAU-NABARROTH (convoi71)

       

       

    Vous avez un complément d’informations ? N’hésitez pas nous le faire savoir.

    ESTRYN Ruchla née ENGLENDER 

    • 67123 Buchenwald

    • Née le 15 octobre 1908 à Varsovie (Pologne)

    • Décédée le 2 juillet 1999 à Los Angeles

      Rachel (Ruchla) Englender nait le 15 octobre 1908 à Varsovie (Pologne), fille de Morka Englender et de Perla Glasman (décédés tous deux avant 1933).

      Elle a un frère : Ephraim Ferdinand Englender né en 1905 – décédé le 17 décembre 1956 en Israel.

      Elle habite 13 rue st Castor à Nimes et épouse le 4 juillet 1933, à Nîmes, Aron Estryn marchand forain âgé de 31 ans habitant avec ses parents au 14 rue général Perrier à Nîmes, né le 15 mai 1902 en Pologne à Szarkowszczyzna – décédé le 28 décembre 1963 à Los Angeles.

      Aron est prisonnier de guerre et alors qu’elle est vendeuse, elle est arrêtée le 6 mars 1944 par la Gestapo chez elle à Nîmes, avec sa nièce Frania Kahan née Mikanoski, pour « appartenance raciale ». Frania est la fille d’Eva Englender, la sœur de l’époux de Ruchla. Elles sont successivement internées à la caserne Vallongue de Nîmes, puis à la prison des Baumettes à Marseille.

      Elle est envoyée au centre de regroupement des israélites à Drancy avec le matricule 18738. Son carnet de fouille n°1662 du 2 avril 44 mentionne la spoliation qu’elle a subi : 1660 francs (environ 350 euros valeur 2025), une chaine métal jaune, un médaillon or, une bague or et 2 pierres, 2 déchets or.

      Elle est déportée par convoi n° 71[1]  du 13 avril 1944 à destination d’Auschwitz où elle arrive le 16 avril . Elle passe le filtre de la première sélection et échappe à la chambre à gaz. Elle reste vraisemblablement quelques mois à Auschwitz employée à différents travaux et est évacuée vers Bergen-Belsen en décembre 1944.

      De là elle est envoyée le 21 mars 1945 dans un des Kommandos de Buchenwald, celui de Raguhn à proximité de la ville de Dessau. Ce Kommando fournit de la main d’oeuvre pour la Heerbrandt-Werke AG, société sous-traitante de la Junkers Flugzeug- und Motorenwerke. Les détenues y fabriquaient des pièces pour la construction aéronautique dans les usines I, II et III, situées à différents endroits à Raguhn. En règle générale, seule la moitié des détenues se trouvait dans les usines, les autres étant soit malades, soit restées au camp. Une pénurie de matériaux pouvant en être la cause. Les journées de travail pouvaient durer plus de dix heures. Une petite partie des détenus devait également travailler de nuit dans les ateliers II et III. Le dimanche était généralement considéré comme un jour de repos. Elles étaient logées par l’entreprise dans deux baraques déjà existantes sur le site de l’usine III ; celles-ci se trouvaient à la périphérie ouest de la ville, dans l’actuelle Hallesche Straße, à hauteur de la Bobbauer Straße. Ces logements, qui servaient auparavant à héberger des travailleurs forcés venus des pays occupés d’Europe, avaient été entourés de barbelés avant l’arrivée des détenues. Les travaux se déroulaient sur trois sites différents. La plupart des femmes devaient parcourir chaque jour deux kilomètres à travers Raguhn pour se rendre à l’usine dite « Werk I », située sur les rives de la Mulde.

      Le Kommando est évacuée le 9 avril 1945 et ses détenues sont alors transférées au camp de Théresienstadt qui sera libéré le 8 mai 1945 par l’armée russe. le camp comptait alors environ 30 000 personnes, dont 15 000 survivants des marches de la mort arrivés en avril 1945.

      -Sa nièce Frania suit un parcours similaire : Prison de Marseille, camp de Drancy ; convoi 71 à destination d’Auschwitz puis Bergen-Belsen; kommando de Raghun ; camp de Theresienstadt ; rapatriement en France et émigration aux états unis à Los Angeles.

      Ruchla ESTRYN survie et revient s’installer chez elle à Nimes au 14 rue général Perrier et ensuite au 18 rue cité Foulc. Elle est naturalisée française avec son époux par décret du 6 février 1946 – JO du 17 février 1946 (la demande faite le 31 janvier 1939 avait été suspendue du fait du début des hostilités).

      Elle émigre avant 1956 avec son époux aux USA et décède le 2 juillet 1999 à Los Angeles.

      Son nom figure sur le mur des noms du mémorial de la Shoah : dalle 11, colonne 4, rangée 2.

      André FRANCISCO

      [1] Convoi 71: il part de la gare de Paris-Bobigny le 13 avril 1944 emportant 1.499 déportés (624 hommes et 854 femmes et 22 indéterminés). Parmi eux se trouvent 34 des 44 enfants arrêtés à la Maison d’Izieu le 6 avril 1944.

      Le convoi 71 arrive à Auschwitz le 16 avril 1944. 165 hommes sont sélectionnés pour les travaux forcés et tatoués des numéros 184097 à 184261, ainsi que 91 femmes qui sont sélectionnées pour les travaux forcés. Leurs numéros ne sont pas connus. Le reste du convoi est gazé dès son arrivée.

      Sources :

      • Dossier SHD Caen n° 21O 642 139

        Néant FMD

        Mémorial de la Shoah

        Arolsen 67123

        Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

        Mémorial de Buchenwald, Aussenlager Buchenwald

        Irmgard Seidel et Franka Günther, Die Frauen des KZ Buchenwald,  LAG Buchenwald-Dora  2016

        Généanet Pascal BIDAU-NABARROTH (convoi71)

         

         

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