RECHERCHEZ
Rachel (Ruchla) Englender nait le 15 octobre 1908 à Varsovie (Pologne), fille de Morka Englender et de Perla Glasman (tous deux décédés avant 1933).
Elle a un frère : Ephraim Ferdinand Englender né en 1905 – décédé le 17 décembre 1956 en Israel.
Ses documents de judéité indiquent qu’elle est arrivée en France en 1921 et à Nîmes depuis 1931.
Elle réside 13 rue st Castor à Nîmes et épouse le 4 juillet 1933, à Nîmes, Aron Estryn marchand forain âgé de 31 ans habitant avec ses parents au 14 rue général Perrier à Nîmes (né le 15 mai 1902 en Pologne à Szarkowszczyzna – décédé le 28 décembre 1963 à Los Angeles).
Lors du conflit, Aron est retenu prisonnier de guerre en Suisse et alors qu’elle est vendeuse et réside au 14 av Général Perrier, elle est arrêtée le 6 mars 1944 par la Gestapo chez elle pour « appartenance raciale » avec sa nièce Frania Kahan née Mikanoski qui est venue passer quelques jours à Nîmes (Frania est la fille d’Eva Englender, la sœur de l’époux de Ruchla).
Avec un maigre baluchon, les deux femmes sont emmenées à la Caserne Vallongue à Nîmes. Après quelques jours, elles sont envoyées à la prison des Baumettes, à Marseille avant d’être transférées à Drancy où elles restent en détention du 1er avril au 13 avril 1944, où Ruchla est affectée du matricule 18738. Son carnet de fouille n°1662 du 2 avril 1944 mentionne la spoliation dont elle a fait l’objet : 1660 francs (environ 350 euros valeur 2025), une chaine métal jaune, un médaillon or, une bague or et 2 pierres, 2 déchets or.
Elles sont déportées par convoi n° 71 [i] du 13 avril 1944 à destination d’Auschwitz, où on lui attribue le matricule 78659. Ruchla est comme sa nièce Frieda, affectée successivement à diverses tâches : creuser des tranchées, ramasser des pommes de terre, puis pendant plusieurs mois assurer le nettoyage d’un hôpital construit à quelques kilomètres du camp, destiné à soigner les soldats allemands blessés. Toutes deux s’estiment relativement privilégiées avec cette dernière affectation qui leur permet de travailler à l’abri pendant le glacial hiver polonais.
Au tout début de 1945, face à l’avancée des troupes soviétiques, les deux femmes sont évacuées à Bergen-Belsen, avec quelques compagnes d’infortune qui forment un petit groupe solidaire. De nouveau déplacées, elles arrivent le 21 mars au kommando de Raguhn, près de Leipzig, et dépendant de Buchenwald
Ce Kommando fournit de la main d’oeuvre pour la Heerbrandt-Werke AG, société sous-traitante de la Junkers Flugzeug- und Motorenwerke. Les détenues y fabriquent des pièces pour la construction aéronautique dans les usines I, II et III, situées à différents endroits à Raguhn. En règle générale, seule la moitié des détenues se trouve dans les usines, les autres étant soit malades, soit restées au camp faute de matériaux. Les journées de travail peuvent durer plus de dix heures. Une petite partie des détenus doit également travailler de nuit dans les ateliers II et III. Le dimanche étant généralement considéré comme un jour de repos. Elles sont logées par l’entreprise dans deux baraques déjà existantes sur le site de l’usine III ; celles-ci se trouve à la périphérie ouest de la ville, dans l’actuelle Hallesche Straße, à hauteur de la Bobbauer Straße. Ces logements, qui servaient auparavant à héberger des travailleurs forcés venus des pays occupés d’Europe, avaient été entourés de barbelés avant l’arrivée des détenues. Les déportées doivent parcourir chaque jour deux kilomètres à travers Raguhn pour se rendre à l’usine dite « Werk I », située sur les rives de la Mulde.
Le Kommando est évacuée le 9 avril 1945 et ses détenues sont alors transférées au camp de Théresienstadt qui sera libéré le 8 mai 1945 par l’armée russe. Le camp comptait alors environ 30 000 personnes, dont 15 000 survivants des marches de la mort arrivés en avril 1945.
Frania survivra et émigrera aux Etats Unis à Los Angeles.
Ruchla ESTRYN survivra aussi et revient s’installer chez elle à Nîmes au 14 rue général Perrier et ensuite au 18 rue cité Foulc. Elle est naturalisée française avec son époux par décret du 6 février 1946 – JO du 17 février 1946 (la demande faite le 31 janvier 1939 avait été suspendue du fait du début des hostilités).
Elle émigre avant 1956 avec son époux aux USA et décède le 2 juillet 1999 à Los Angeles.
Son nom figure sur le mur des noms du mémorial de la Shoah : dalle 11, colonne 4, rangée 2.
André FRANCISCO – Gérard KREBS
[i] Convoi 71 : il part de la gare de Paris-Bobigny le 13 avril 1944 emportant 1.499 déportés (624 hommes et 854 femmes et 22 indéterminés). Parmi eux se trouvent 34 des 44 enfants arrêtés à la Maison d’Izieu le 6 avril 1944.
Le convoi 71 arrive à Auschwitz le 16 avril 1944. 165 hommes sont sélectionnés pour les travaux forcés et tatoués des numéros 184097 à 184261, ainsi que 91 femmes qui sont sélectionnées pour les travaux forcés. Leurs numéros ne sont pas connus. Le reste du convoi est gazé dès son arrivée.
Sources :
Dossier SHD Caen n° 21O 642 139
Néant FMD
Mémorial de la Shoah
Arolsen 67123
Association Française Buchenwald Dora et Kommandos
Mémorial de Buchenwald, Aussenlager Buchenwald
Irmgard Seidel et Franka Günther, Die Frauen des KZ Buchenwald, LAG Buchenwald-Dora 2016
Généanet Pascal BIDAU-NABARROTH (convoi71)
Photo musée Malines
RECHERCHEZ
Rachel (Ruchla) Englender nait le 15 octobre 1908 à Varsovie (Pologne), fille de Morka Englender et de Perla Glasman (tous deux décédés avant 1933).
Elle a un frère : Ephraim Ferdinand Englender né en 1905 – décédé le 17 décembre 1956 en Israel.
Ses documents de judéité indiquent qu’elle est arrivée en France en 1921 et à Nîmes depuis 1931.
Elle réside 13 rue st Castor à Nîmes et épouse le 4 juillet 1933, à Nîmes, Aron Estryn marchand forain âgé de 31 ans habitant avec ses parents au 14 rue général Perrier à Nîmes (né le 15 mai 1902 en Pologne à Szarkowszczyzna – décédé le 28 décembre 1963 à Los Angeles).
Lors du conflit, Aron est retenu prisonnier de guerre en Suisse et alors qu’elle est vendeuse et réside au 14 av Général Perrier, elle est arrêtée le 6 mars 1944 par la Gestapo chez elle pour « appartenance raciale » avec sa nièce Frania Kahan née Mikanoski qui est venue passer quelques jours à Nîmes (Frania est la fille d’Eva Englender, la sœur de l’époux de Ruchla).
Avec un maigre baluchon, les deux femmes sont emmenées à la Caserne Vallongue à Nîmes. Après quelques jours, elles sont envoyées à la prison des Baumettes, à Marseille avant d’être transférées à Drancy où elles restent en détention du 1er avril au 13 avril 1944, où Ruchla est affectée du matricule 18738. Son carnet de fouille n°1662 du 2 avril 1944 mentionne la spoliation dont elle a fait l’objet : 1660 francs (environ 350 euros valeur 2025), une chaine métal jaune, un médaillon or, une bague or et 2 pierres, 2 déchets or.
Elles sont déportées par convoi n° 71 [i] du 13 avril 1944 à destination d’Auschwitz, où on lui attribue le matricule 78659. Ruchla est comme sa nièce Frieda, affectée successivement à diverses tâches : creuser des tranchées, ramasser des pommes de terre, puis pendant plusieurs mois assurer le nettoyage d’un hôpital construit à quelques kilomètres du camp, destiné à soigner les soldats allemands blessés. Toutes deux s’estiment relativement privilégiées avec cette dernière affectation qui leur permet de travailler à l’abri pendant le glacial hiver polonais.
Au tout début de 1945, face à l’avancée des troupes soviétiques, les deux femmes sont évacuées à Bergen-Belsen, avec quelques compagnes d’infortune qui forment un petit groupe solidaire. De nouveau déplacées, elles arrivent le 21 mars au kommando de Raguhn, près de Leipzig, et dépendant de Buchenwald
Ce Kommando fournit de la main d’oeuvre pour la Heerbrandt-Werke AG, société sous-traitante de la Junkers Flugzeug- und Motorenwerke. Les détenues y fabriquent des pièces pour la construction aéronautique dans les usines I, II et III, situées à différents endroits à Raguhn. En règle générale, seule la moitié des détenues se trouve dans les usines, les autres étant soit malades, soit restées au camp faute de matériaux. Les journées de travail peuvent durer plus de dix heures. Une petite partie des détenus doit également travailler de nuit dans les ateliers II et III. Le dimanche étant généralement considéré comme un jour de repos. Elles sont logées par l’entreprise dans deux baraques déjà existantes sur le site de l’usine III ; celles-ci se trouve à la périphérie ouest de la ville, dans l’actuelle Hallesche Straße, à hauteur de la Bobbauer Straße. Ces logements, qui servaient auparavant à héberger des travailleurs forcés venus des pays occupés d’Europe, avaient été entourés de barbelés avant l’arrivée des détenues. Les déportées doivent parcourir chaque jour deux kilomètres à travers Raguhn pour se rendre à l’usine dite « Werk I », située sur les rives de la Mulde.
Le Kommando est évacuée le 9 avril 1945 et ses détenues sont alors transférées au camp de Théresienstadt qui sera libéré le 8 mai 1945 par l’armée russe. Le camp comptait alors environ 30 000 personnes, dont 15 000 survivants des marches de la mort arrivés en avril 1945.
Frania survivra et émigrera aux Etats Unis à Los Angeles.
Ruchla ESTRYN survivra aussi et revient s’installer chez elle à Nîmes au 14 rue général Perrier et ensuite au 18 rue cité Foulc. Elle est naturalisée française avec son époux par décret du 6 février 1946 – JO du 17 février 1946 (la demande faite le 31 janvier 1939 avait été suspendue du fait du début des hostilités).
Elle émigre avant 1956 avec son époux aux USA et décède le 2 juillet 1999 à Los Angeles.
Son nom figure sur le mur des noms du mémorial de la Shoah : dalle 11, colonne 4, rangée 2.
André FRANCISCO – Gérard KREBS
[i] Convoi 71 : il part de la gare de Paris-Bobigny le 13 avril 1944 emportant 1.499 déportés (624 hommes et 854 femmes et 22 indéterminés). Parmi eux se trouvent 34 des 44 enfants arrêtés à la Maison d’Izieu le 6 avril 1944.
Le convoi 71 arrive à Auschwitz le 16 avril 1944. 165 hommes sont sélectionnés pour les travaux forcés et tatoués des numéros 184097 à 184261, ainsi que 91 femmes qui sont sélectionnées pour les travaux forcés. Leurs numéros ne sont pas connus. Le reste du convoi est gazé dès son arrivée.
Sources :
Dossier SHD Caen n° 21O 642 139
Néant FMD
Mémorial de la Shoah
Arolsen 67123
Association Française Buchenwald Dora et Kommandos
Mémorial de Buchenwald, Aussenlager Buchenwald
Irmgard Seidel et Franka Günther, Die Frauen des KZ Buchenwald, LAG Buchenwald-Dora 2016
Généanet Pascal BIDAU-NABARROTH (convoi71)
Photo musée Malines



