DOIZE Pierre 

  • 73373 Dachau

  • Né le 6 novembre 1907 à Marseille

  • Décédé le 19 février 1979 à Narbonne

Hippolyte Pierre Doize est né le 6 novembre 1907 à Marseille dans les Bouches-du-Rhône. Il est le fils de Hippolyte Auguste Doize, charpentier, et de Marie Léonore Favier, sans profession. Il grandit dans le quartier Saint-Lazare. Il arrête l’école après l’obtention du certificat d’études primaires.

Il est d’abord apprenti-chaudronnier en 1920-1921 puis ouvrier chaudronnier traceur dans une entreprise de réparations navales en 1924 dans la cité phocéenne. Il fait son service militaire à Coblence en Rhénanie. Il adhère aux Jeunesses communistes en 1926 et il milite à partir de l’année suivante au syndicat des métaux de la Confédération générale du Travail unitaire (CGTU) puis à la Confédération générale du Travail (CGT). Il se marie le 5 décembre 1931 dans la cité phocéenne avec Petra Folch (dite Pierrette, matricule 46854 à Ravensbrück) qui est une employée d’origine espagnole. En 1933, il devient maçon car il perd son emploi dans la métallurgie en raison de son militantisme syndical et de sa participation à la grande grève des soudeurs dans les réparations navales. Il occupe progressivement des responsabilités au sein du parti communiste français (PCF) comme membre du bureau régional de 1930 à 1932 et secrétaire de la section du quartier de l’Estaque à Marseille de 1935 à 1937. Il est un syndicaliste engagé en tant que membre du bureau du syndicat des métaux CGTU de 1932 à 1933, secrétaire de l’Union syndicale CGT du bâtiment et du bois des Bouches-du-Rhône de 1936 à 1939 et membre du bureau de l’union départementale de la CGT de 1938 à 1939. Il prend part aux manifestations antifascistes après la crise du 6 février 1934, aux grèves de 1936 à l’Estaque à la suite de l’espoir suscité par la victoire du Front Populaire aux élections législatives, au congrès national du PCF à Arles en 1937, aux grèves de 1938 notamment celle des fumistes industriels en septembre et à l’appel à la grève générale du 30 novembre contre les mesures du gouvernement Daladier remettant en cause certains acquis de 1936 comme la semaine de 40 heures, au congrès de la CGT à Nantes en novembre 1938. Son activisme s’étend au-delà des frontières puisqu’il vient en aide à l’Espagne républicaine lors de la guerre civile espagnole. Avant la déclaration de guerre de 1939, il est secrétaire de la 3ème région fédérale du bâtiment.

Lors de la campagne de 1939-1940, il est mobilisé au 363ème RAP. Après la signature de l’armistice, il s’engage immédiatement dans la lutte clandestine à Miramas dans les Bouches-du-Rhône où il habite. En mai 1942, il est envoyé à Nîmes dans le Gard où il devient le chef départemental des FTPF, chargé du recrutement et de l’organisation des premiers détachements armés sous le pseudonyme de « Marcel Philippe ». Il constitue l’équipe du Midi avec d’autres Marseillais, Jean Robert et Vincent Faïta. Pierre Doize est arrêté par la police le 30  septembre 1942 alors qu’il est en train de détruire à coups de pierre avec un autre membre des FTPF la vitrine du Parti populaire français (PPF), parti collaborateur, rue Nationale à Nîmes. Lors de son interpellation, il menace de mort un gardien de la paix et il est porteur de documents communistes. Remis à la disposition du Tribunal militaire de Marseille, il est incarcéré au fort Saint-Nicolas à Marseille le 5 octobre puis à la prison militaire du fort Vancia dans l’Ain du 25 novembre jusqu’au 15 janvier 1943. Il est ensuite ramené à la maison d’arrêt de Nîmes. Il est condamné le 9 février 1943 par la Section spéciale de la Cour d’appel de Nîmes pour activité communiste à deux ans de prison et à 1 200 francs d’amende. Quelques jours plus tard, le 15 février, son père décède à Marseille. Le lendemain, Pierre Doize est transféré à la maison centrale de Nîmes afin d’y purger sa peine. Il organise la Résistance au sein de la prison avec Jean Coin et Henri Auzias. Un plan d’évasion est prévu pour la fin du mois d’octobre. Des FTPF parviennent à faire entrer des armes dans la prison avec la complaisance de plusieurs surveillants. Finalement, l’attaque est reportée après le transfert d’une grande partie des détenus politiques dont Pierre Doize. Ils arrivent le 15 octobre à la centrale d’Eysses de Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne (écrou n°2 520). Le 19 février 1944, il est l’un des dirigeants de la révolte armée de la prison, il est membre de l’état-major du bataillon FFI de la centrale avec le grade de capitaine.

Le 30 mai, 1 121 détenus sont livrés aux nazis par les autorités françaises. Partis de la gare de Penne-d’Agenais, ils arrivent le 2 juin au camp de Compiègne. Pierre Doize est déporté le 18 juin à Dachau où il arrive deux jours plus tard. Le convoi de 2 143 personnes comprend d’autres Gardois dont Pierre Babinot (matricule 73038†), Maurice Barbut (matricule 73047), Maurice Bertrand (matricule 73093), Barthélémy Bouchet (matricule 73140), Jean-Baptiste Casazza (matricule 73221), Fernand Chabert (matricule 73241), Maurice Couderc (matricule 73299), Paul Courtieu (matricule 73309), Louis Deguilhem (matricule 73325 †), René Descours (matricule 73357 †), Louis Dumazert, Tranquilo Gosio (matricule 72612), Marc Guyon (matricule 73550), Simon Heyrides (matricule 73562), Fortuné Louvion (matricule 73690), Raoul Martin (matricule 73724), Emile Matan (matricule 73733), Jean Monier (matricule 73768 †), André Morel (matricule 73783), Georges Paul, Damian Ruiz (matricule 73976), Marius Sauze (matricule 73993), Louis Talard (matricule 74052), Louis Thomas (matricule 74047 †), Jean Tourel (matricule 74058 †), Maurice Tribes (matricule 74059), Georges Vernet (matricule 74079 †).

A Dachau, Pierre Doize reçoit le matricule 73373. A la fin du mois de juillet, il est affecté au Kommando d’Allach. Alors qu’il est encore détenu en Allemagne, sa condamnation est annulée par un arrêt rendu par la Chambre de Révision de la Cour d’Appel de Nîmes le 24 avril 1945. Il est libéré le 30 avril 1945 par les troupes américaines et rapatrié le 15 juin. A son retour, il retrouve son épouse, elle aussi militante communiste, résistante et déportée à Ravensbrück, mais elle meurt le 9 décembre 1945 à Marseille à leur domicile, 11 rue de Turenne. Il est le président fondateur de l’Association des déportés et internés résistants et patriotes des Bouches-du-Rhône. Il reçoit la Médaille de la Résistance en 1946.

Il reprend son engagement politique et syndical. Il exerce de nombreuses responsabilités notamment comme conseiller municipal à Marseille sous plusieurs mandats et comme 7ème adjoint à la mairie de Marseille lors du mandat de Jean Cristofol en 1946-1947, comme secrétaire fédéral du parti communiste des Bouches-du-Rhône de 1948 à 1955 puis comme membre du comité central de 1954 à 1976. Il se présente lors des élections législatives de 1951 et de 1956 mais il n’est pas élu. En 1956, il appartient à la délégation du PCF qui se rend au XXème Congrès du parti communiste d’Union soviétique où sont présentés les crimes de Staline. Il est membre du comité de direction du journal La Marseillaise en 1956 et il préside ce comité de 1966 à 1967. Il se remarie le 12 mai 1958 à Marseille avec Marie Faustine Saccaggi dite Antoinette, elle aussi militante communiste, résistante et déportée. Il est élu député des Bouches-du-Rhône du 16 février au 8 décembre 1958 puis de 1962 à 1968. Il se représente en 1968 mais il est battu.

Il décède avec sa seconde épouse le 19 février 1979 à Narbonne dans un accident de voiture sur l’autoroute. Il est inhumé le 22 février à Sillans-la-Cascade dans le Var. Une rue de Marseille porte son nom dans le 10ème arrondissement de Marseille, à Saint-Victoret dans les Bouches-du-Rhône et à Villeneuve-sur-Lot.

Marilyne Andréo

Sources :

EC (Marseille)

3 U 7 476, Archives départementales du Gard, Jugements rendus par la Section spéciale de la Cour d’Appel de Nîmes.

1 W 299, AD Gard,

1 286 W 80, Archives départementales du Gard, Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Nîmes du 4 décembre 1942 au 26 juillet 1943, écrou n°1 082.

2 159 W 151, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Dossier de demande de la carte de Combattant volontaire de la Résistance de Pierre Doize.

21 P 626 267, DAVCC Caen, Dossier de déporté de Doize Pierre Hippolyte.

13 J 769, SHD Vincennes, Registre d’écrou du fort Saint-Nicolas à Marseille du 20 novembre 1941 au 29 novembre 1942, écrou n°213 de Pierre Doize.

GR 19 P 47/24, SHD Vincennes, FPTF : Bataillon FFI de la centrale d’Eysses.

Vous avez un complément d’informations ? N’hésitez pas nous le faire savoir.

DOIZE Pierre 

  • 73373 Dachau

  • Né le 6 novembre 1907 à Marseille

  • Décédé le 19 février 1979 à Narbonne

Hippolyte Pierre Doize est né le 6 novembre 1907 à Marseille dans les Bouches-du-Rhône. Il est le fils de Hippolyte Auguste Doize, charpentier, et de Marie Léonore Favier, sans profession. Il grandit dans le quartier Saint-Lazare. Il arrête l’école après l’obtention du certificat d’études primaires.

Il est d’abord apprenti-chaudronnier en 1920-1921 puis ouvrier chaudronnier traceur dans une entreprise de réparations navales en 1924 dans la cité phocéenne. Il fait son service militaire à Coblence en Rhénanie. Il adhère aux Jeunesses communistes en 1926 et il milite à partir de l’année suivante au syndicat des métaux de la Confédération générale du Travail unitaire (CGTU) puis à la Confédération générale du Travail (CGT). Il se marie le 5 décembre 1931 dans la cité phocéenne avec Petra Folch (dite Pierrette, matricule 46854 à Ravensbrück) qui est une employée d’origine espagnole. En 1933, il devient maçon car il perd son emploi dans la métallurgie en raison de son militantisme syndical et de sa participation à la grande grève des soudeurs dans les réparations navales. Il occupe progressivement des responsabilités au sein du parti communiste français (PCF) comme membre du bureau régional de 1930 à 1932 et secrétaire de la section du quartier de l’Estaque à Marseille de 1935 à 1937. Il est un syndicaliste engagé en tant que membre du bureau du syndicat des métaux CGTU de 1932 à 1933, secrétaire de l’Union syndicale CGT du bâtiment et du bois des Bouches-du-Rhône de 1936 à 1939 et membre du bureau de l’union départementale de la CGT de 1938 à 1939. Il prend part aux manifestations antifascistes après la crise du 6 février 1934, aux grèves de 1936 à l’Estaque à la suite de l’espoir suscité par la victoire du Front Populaire aux élections législatives, au congrès national du PCF à Arles en 1937, aux grèves de 1938 notamment celle des fumistes industriels en septembre et à l’appel à la grève générale du 30 novembre contre les mesures du gouvernement Daladier remettant en cause certains acquis de 1936 comme la semaine de 40 heures, au congrès de la CGT à Nantes en novembre 1938. Son activisme s’étend au-delà des frontières puisqu’il vient en aide à l’Espagne républicaine lors de la guerre civile espagnole. Avant la déclaration de guerre de 1939, il est secrétaire de la 3ème région fédérale du bâtiment.

Lors de la campagne de 1939-1940, il est mobilisé au 363ème RAP. Après la signature de l’armistice, il s’engage immédiatement dans la lutte clandestine à Miramas dans les Bouches-du-Rhône où il habite. En mai 1942, il est envoyé à Nîmes dans le Gard où il devient le chef départemental des FTPF, chargé du recrutement et de l’organisation des premiers détachements armés sous le pseudonyme de « Marcel Philippe ». Il constitue l’équipe du Midi avec d’autres Marseillais, Jean Robert et Vincent Faïta. Pierre Doize est arrêté par la police le 30  septembre 1942 alors qu’il est en train de détruire à coups de pierre avec un autre membre des FTPF la vitrine du Parti populaire français (PPF), parti collaborateur, rue Nationale à Nîmes. Lors de son interpellation, il menace de mort un gardien de la paix et il est porteur de documents communistes. Remis à la disposition du Tribunal militaire de Marseille, il est incarcéré au fort Saint-Nicolas à Marseille le 5 octobre puis à la prison militaire du fort Vancia dans l’Ain du 25 novembre jusqu’au 15 janvier 1943. Il est ensuite ramené à la maison d’arrêt de Nîmes. Il est condamné le 9 février 1943 par la Section spéciale de la Cour d’appel de Nîmes pour activité communiste à deux ans de prison et à 1 200 francs d’amende. Quelques jours plus tard, le 15 février, son père décède à Marseille. Le lendemain, Pierre Doize est transféré à la maison centrale de Nîmes afin d’y purger sa peine. Il organise la Résistance au sein de la prison avec Jean Coin et Henri Auzias. Un plan d’évasion est prévu pour la fin du mois d’octobre. Des FTPF parviennent à faire entrer des armes dans la prison avec la complaisance de plusieurs surveillants. Finalement, l’attaque est reportée après le transfert d’une grande partie des détenus politiques dont Pierre Doize. Ils arrivent le 15 octobre à la centrale d’Eysses de Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne (écrou n°2 520). Le 19 février 1944, il est l’un des dirigeants de la révolte armée de la prison, il est membre de l’état-major du bataillon FFI de la centrale avec le grade de capitaine.

Le 30 mai, 1 121 détenus sont livrés aux nazis par les autorités françaises. Partis de la gare de Penne-d’Agenais, ils arrivent le 2 juin au camp de Compiègne. Pierre Doize est déporté le 18 juin à Dachau où il arrive deux jours plus tard. Le convoi de 2 143 personnes comprend d’autres Gardois dont Pierre Babinot (matricule 73038†), Maurice Barbut (matricule 73047), Maurice Bertrand (matricule 73093), Barthélémy Bouchet (matricule 73140), Jean-Baptiste Casazza (matricule 73221), Fernand Chabert (matricule 73241), Maurice Couderc (matricule 73299), Paul Courtieu (matricule 73309), Louis Deguilhem (matricule 73325 †), René Descours (matricule 73357 †), Louis Dumazert, Tranquilo Gosio (matricule 72612), Marc Guyon (matricule 73550), Simon Heyrides (matricule 73562), Fortuné Louvion (matricule 73690), Raoul Martin (matricule 73724), Emile Matan (matricule 73733), Jean Monier (matricule 73768 †), André Morel (matricule 73783), Georges Paul, Damian Ruiz (matricule 73976), Marius Sauze (matricule 73993), Louis Talard (matricule 74052), Louis Thomas (matricule 74047 †), Jean Tourel (matricule 74058 †), Maurice Tribes (matricule 74059), Georges Vernet (matricule 74079 †).

A Dachau, Pierre Doize reçoit le matricule 73373. A la fin du mois de juillet, il est affecté au Kommando d’Allach. Alors qu’il est encore détenu en Allemagne, sa condamnation est annulée par un arrêt rendu par la Chambre de Révision de la Cour d’Appel de Nîmes le 24 avril 1945. Il est libéré le 30 avril 1945 par les troupes américaines et rapatrié le 15 juin. A son retour, il retrouve son épouse, elle aussi militante communiste, résistante et déportée à Ravensbrück, mais elle meurt le 9 décembre 1945 à Marseille à leur domicile, 11 rue de Turenne. Il est le président fondateur de l’Association des déportés et internés résistants et patriotes des Bouches-du-Rhône. Il reçoit la Médaille de la Résistance en 1946.

Il reprend son engagement politique et syndical. Il exerce de nombreuses responsabilités notamment comme conseiller municipal à Marseille sous plusieurs mandats et comme 7ème adjoint à la mairie de Marseille lors du mandat de Jean Cristofol en 1946-1947, comme secrétaire fédéral du parti communiste des Bouches-du-Rhône de 1948 à 1955 puis comme membre du comité central de 1954 à 1976. Il se présente lors des élections législatives de 1951 et de 1956 mais il n’est pas élu. En 1956, il appartient à la délégation du PCF qui se rend au XXème Congrès du parti communiste d’Union soviétique où sont présentés les crimes de Staline. Il est membre du comité de direction du journal La Marseillaise en 1956 et il préside ce comité de 1966 à 1967. Il se remarie le 12 mai 1958 à Marseille avec Marie Faustine Saccaggi dite Antoinette, elle aussi militante communiste, résistante et déportée. Il est élu député des Bouches-du-Rhône du 16 février au 8 décembre 1958 puis de 1962 à 1968. Il se représente en 1968 mais il est battu.

Il décède avec sa seconde épouse le 19 février 1979 à Narbonne dans un accident de voiture sur l’autoroute. Il est inhumé le 22 février à Sillans-la-Cascade dans le Var. Une rue de Marseille porte son nom dans le 10ème arrondissement de Marseille, à Saint-Victoret dans les Bouches-du-Rhône et à Villeneuve-sur-Lot.

Marilyne Andréo

Sources :

EC (Marseille)

3 U 7 476, Archives départementales du Gard, Jugements rendus par la Section spéciale de la Cour d’Appel de Nîmes.

1 W 299, AD Gard,

1 286 W 80, Archives départementales du Gard, Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Nîmes du 4 décembre 1942 au 26 juillet 1943, écrou n°1 082.

2 159 W 151, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Dossier de demande de la carte de Combattant volontaire de la Résistance de Pierre Doize.

21 P 626 267, DAVCC Caen, Dossier de déporté de Doize Pierre Hippolyte.

13 J 769, SHD Vincennes, Registre d’écrou du fort Saint-Nicolas à Marseille du 20 novembre 1941 au 29 novembre 1942, écrou n°213 de Pierre Doize.

GR 19 P 47/24, SHD Vincennes, FPTF : Bataillon FFI de la centrale d’Eysses.

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