DOIZE Petra (dite Pierrette) née FOLCH 

  • 46854  Ravensbrück

  • Née le 31 décembre 1897 en Espagne

  • Décédée le 9 décembre 1945 à Marseille.

Petra (dite Pierrette) Folch est née à Castellfort ((Valencia – Espagne) le 31 décembre 1897. Elle est la fille de Pedro Folch et d’Antonia Sanguesa. Elle se marie le 5 décembre 1931 à Marseille dans les Bouches-du-Rhône avec Pierre Doize (matricule 73373 à Dachau). Le couple n’a pas d’enfant. Pierrette Doize milite au sein du parti communiste à Marseille avec son mari qui est un responsable local et régional de ce parti et un syndicaliste très engagé. Au début de la guerre, elle habite à Miramas dans les Bouches-du-Rhône. Après la signature de l’armistice, son mari rejoint la lutte clandestine à Miramas. Pierrette Doize est aussi une militante active du parti communiste clandestin dans le secteur de Miramas et de Salon-de-Provence. En mai 1942, Pierre Doize est envoyé à Nîmes dans le Gard où il devient le chef départemental des FTPF. Pierrette Doize le suit-elle à Nîmes ? Son époux est arrêté par la police le 30 septembre 1942 alors qu’il est en train de détruire à coups de pierre la vitrine du Parti populaire français (PPF), parti collaborateur, rue Nationale à Nîmes. Remis à la disposition du Tribunal militaire de Marseille, il est incarcéré au fort Saint-Nicolas à Marseille le 5 octobre puis à la prison militaire du fort Vancia dans l’Ain du 25 novembre jusqu’au 15 janvier 1943. Il est ensuite ramené à la maison d’arrêt de Nîmes. Il est condamné le 9 février 1943 par la Section spéciale de la Cour d’appel de Nîmes pour activité communiste à deux ans de prison et à 1 200 francs d’amende. Quelques jours plus tard, le 16 février, il est transféré à la maison centrale de Nîmes afin d’y purger sa peine. Il organise la Résistance au sein de la prison avec Jean Coin et Henri Auzias. A partir du mois de septembre, des FTPF préparent l’évasion des détenus politiques pour la fin du mois d’octobre. Des armes sont introduites dans ce lieu de détention par l’intermédiaire de l’épouse d’un prisonnier, Josefa Maniera, avec la complaisance de plusieurs surveillants. Pierrette Doize et Augustine Auzias assurent la liaison entre les FTPF et les prisonniers grâce à ces gardiens passés dans la Résistance. Finalement, l’évasion ne peut pas avoir lieu car 163 détenus politiques sont envoyés à la centrale d’Eysses à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne. Pierre Doize fait partie de ce transfert. Il arrive le 15 octobre dans sa nouvelle prison. Le projet d’évasion est donc reporté. Dans la nuit du 4 février 1944, 27 résistants attaquent la maison centrale et parviennent à en libérer 23 prisonniers. Après cet événement, Pierrette Doize est interpellée ainsi que Josefa Maniera et Augustine Auzias pour complicité de tentative d’évasions, détention et transport d’armes et menées subversives. Elle est écrouée à la maison d’arrêt de Nîmes le 12 février 1944 puis à la prison de Montluc à Lyon le 20 juin. Elle est extraite de cette prison par les autorités allemandes le 1er juillet et déportée le 11 juillet. Le convoi de 68 femmes part de Paris à destination de Neue Bremm. Ce camp se trouve à Sarrebruck à la frontière actuelle entre l’Allemagne et la France. Ce camp, fondé en février 1943, est tenu par la Gestapo de Sarrebruck et il est destiné à mettre au pas les prisonniers avant de les envoyer dans les camps de concentration. Par sa discipline très sévère, il donne un avant-goût des conditions de vie et des sévices que les prisonniers vont y subir comme les travaux forcés, le manque d’hygiène et les tortures. Une autre Gardoise, François Bilski (matricule 46844), est présente dans ce même convoi qui arrive à Ravensbrück le 26 juillet. Pierrette Doize est transférée au Kommando de Helmstedt-Beendorf dépendant du camp de concentration de Neuengamme. Il existe deux Kommandos à Helmstedt-Beendorf, un pour les hommes à partir de février 1944 pour aménager des usines souterraines dans deux mines de sel et un pour les femmes à compter du mois d’août 1944 pour fabriquer dans ces usines des munitions pour l’armée de l’air, des pièces pour l’avion Me-262 et les fusées V1 et V2. Face à l’avancée des troupes alliées, le 10 avril 1945, les deux Kommandos sont évacués par train jusqu’au camp de rassemblement de Wöbbelin en passant par Magdebourg, Stendal et Wittenberge. Le voyage dure six jours. Les femmes repartent en train, celui-ci reste trois jours en gare de Sülstorf dans le Mecklembourg avant de parvenir à Hambourg le 20 ou le 21 avril. Les déportées sont envoyées dans différents Kommandos de la ville. La plupart d’entre elles sont libérées grâce à l’intervention de la Croix-Rouge suédoise et acheminées en Suède où elles restent plusieurs semaines avant d’être rapatriées en France. Le parcours de Pierrette Doize reste flou au moment de sa libération. Elle revient en France très affaiblie. Elle décède le 9 décembre 1945 à l’âge de 47 ans à son domicile à Marseille, 11 rue de Turenne. Ses obsèques ont lieu à Marseille le surlendemain. Son nom est donné à la cellule du parti communiste dans le quartier de l’Estaque à Marseille. Son nom figure sur le monument en l’honneur des martyrs de la Résistance du canton de Salon-de-Provence sur la route de Val-de-Cuech à Salon-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône et sur le monument aux morts de la ville se situant dans le cimetière Saint-Roch.

Marilyne Andréo

Sources :

EC (Marseille).

1 W 255, AD Gard, Rapports sur l’attaque de la maison centrale de Nîmes.

1 286 W 81, AD Gard, Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Nîmes du 27 juillet 1943 au 16 mai 1944.

3 335 W 18, AD Rhône, Personnes internées dans la prison de Montluc de Lyon (1939-1945).

3 335 W 23, AD Rhône, AD Rhône, Personnes internées dans la prison de Montluc de Lyon (1939-1945).

« Victime des barbaries nazies. Pierrette Doize vient de mourir », Rouge Midi, 11 décembre 1945, p.2.

Claude Emerique, « Doize Pierrette (1908-1945) » in AERI, La Résistance dans le Gard.

Aimé Vielzeuf, On les appelait « les bandits », p.109-146.

« Folch, Petra (Doize, Pierrette) » sur le site internet de l’Amicale de Ravensbrück de Catalogne.

https://www.amicalravensbruck.org/portfolio-items/folch-petra-doize-pierette/

« Helmstedt-Beendorf (femmes) » sur le site internet du camp de Neuengamme.

https://www.kz-gedenkstaette-neuengamme.de/fr/historique/camps-exterieurs/liste-des-camps-exterieurs/helmstedt-beendorf-femmes/

Liste de départ du convoi de déportation sur le site internet de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

http://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.244.#DOIZE

Site internet MémorialGenWeb.

https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=13103&dpt=13&idsource=65385

https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=13103&dpt=13&idsource=5061

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DOIZE Petra (dite Pierrette) née FOLCH 

  • 46854  Ravensbrück

  • Née le 31 décembre 1897 en Espagne

  • Décédée le 9 décembre 1945 à Marseille.

Petra (dite Pierrette) Folch est née à Castellfort ((Valencia – Espagne) le 31 décembre 1897. Elle est la fille de Pedro Folch et d’Antonia Sanguesa. Elle se marie le 5 décembre 1931 à Marseille dans les Bouches-du-Rhône avec Pierre Doize (matricule 73373 à Dachau). Le couple n’a pas d’enfant. Pierrette Doize milite au sein du parti communiste à Marseille avec son mari qui est un responsable local et régional de ce parti et un syndicaliste très engagé. Au début de la guerre, elle habite à Miramas dans les Bouches-du-Rhône. Après la signature de l’armistice, son mari rejoint la lutte clandestine à Miramas. Pierrette Doize est aussi une militante active du parti communiste clandestin dans le secteur de Miramas et de Salon-de-Provence. En mai 1942, Pierre Doize est envoyé à Nîmes dans le Gard où il devient le chef départemental des FTPF. Pierrette Doize le suit-elle à Nîmes ? Son époux est arrêté par la police le 30 septembre 1942 alors qu’il est en train de détruire à coups de pierre la vitrine du Parti populaire français (PPF), parti collaborateur, rue Nationale à Nîmes. Remis à la disposition du Tribunal militaire de Marseille, il est incarcéré au fort Saint-Nicolas à Marseille le 5 octobre puis à la prison militaire du fort Vancia dans l’Ain du 25 novembre jusqu’au 15 janvier 1943. Il est ensuite ramené à la maison d’arrêt de Nîmes. Il est condamné le 9 février 1943 par la Section spéciale de la Cour d’appel de Nîmes pour activité communiste à deux ans de prison et à 1 200 francs d’amende. Quelques jours plus tard, le 16 février, il est transféré à la maison centrale de Nîmes afin d’y purger sa peine. Il organise la Résistance au sein de la prison avec Jean Coin et Henri Auzias. A partir du mois de septembre, des FTPF préparent l’évasion des détenus politiques pour la fin du mois d’octobre. Des armes sont introduites dans ce lieu de détention par l’intermédiaire de l’épouse d’un prisonnier, Josefa Maniera, avec la complaisance de plusieurs surveillants. Pierrette Doize et Augustine Auzias assurent la liaison entre les FTPF et les prisonniers grâce à ces gardiens passés dans la Résistance. Finalement, l’évasion ne peut pas avoir lieu car 163 détenus politiques sont envoyés à la centrale d’Eysses à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne. Pierre Doize fait partie de ce transfert. Il arrive le 15 octobre dans sa nouvelle prison. Le projet d’évasion est donc reporté. Dans la nuit du 4 février 1944, 27 résistants attaquent la maison centrale et parviennent à en libérer 23 prisonniers. Après cet événement, Pierrette Doize est interpellée ainsi que Josefa Maniera et Augustine Auzias pour complicité de tentative d’évasions, détention et transport d’armes et menées subversives. Elle est écrouée à la maison d’arrêt de Nîmes le 12 février 1944 puis à la prison de Montluc à Lyon le 20 juin. Elle est extraite de cette prison par les autorités allemandes le 1er juillet et déportée le 11 juillet. Le convoi de 68 femmes part de Paris à destination de Neue Bremm. Ce camp se trouve à Sarrebruck à la frontière actuelle entre l’Allemagne et la France. Ce camp, fondé en février 1943, est tenu par la Gestapo de Sarrebruck et il est destiné à mettre au pas les prisonniers avant de les envoyer dans les camps de concentration. Par sa discipline très sévère, il donne un avant-goût des conditions de vie et des sévices que les prisonniers vont y subir comme les travaux forcés, le manque d’hygiène et les tortures. Une autre Gardoise, François Bilski (matricule 46844), est présente dans ce même convoi qui arrive à Ravensbrück le 26 juillet. Pierrette Doize est transférée au Kommando de Helmstedt-Beendorf dépendant du camp de concentration de Neuengamme. Il existe deux Kommandos à Helmstedt-Beendorf, un pour les hommes à partir de février 1944 pour aménager des usines souterraines dans deux mines de sel et un pour les femmes à compter du mois d’août 1944 pour fabriquer dans ces usines des munitions pour l’armée de l’air, des pièces pour l’avion Me-262 et les fusées V1 et V2. Face à l’avancée des troupes alliées, le 10 avril 1945, les deux Kommandos sont évacués par train jusqu’au camp de rassemblement de Wöbbelin en passant par Magdebourg, Stendal et Wittenberge. Le voyage dure six jours. Les femmes repartent en train, celui-ci reste trois jours en gare de Sülstorf dans le Mecklembourg avant de parvenir à Hambourg le 20 ou le 21 avril. Les déportées sont envoyées dans différents Kommandos de la ville. La plupart d’entre elles sont libérées grâce à l’intervention de la Croix-Rouge suédoise et acheminées en Suède où elles restent plusieurs semaines avant d’être rapatriées en France. Le parcours de Pierrette Doize reste flou au moment de sa libération. Elle revient en France très affaiblie. Elle décède le 9 décembre 1945 à l’âge de 47 ans à son domicile à Marseille, 11 rue de Turenne. Ses obsèques ont lieu à Marseille le surlendemain. Son nom est donné à la cellule du parti communiste dans le quartier de l’Estaque à Marseille. Son nom figure sur le monument en l’honneur des martyrs de la Résistance du canton de Salon-de-Provence sur la route de Val-de-Cuech à Salon-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône et sur le monument aux morts de la ville se situant dans le cimetière Saint-Roch.

Marilyne Andréo

Sources :

EC (Marseille).

1 W 255, AD Gard, Rapports sur l’attaque de la maison centrale de Nîmes.

1 286 W 81, AD Gard, Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Nîmes du 27 juillet 1943 au 16 mai 1944.

3 335 W 18, AD Rhône, Personnes internées dans la prison de Montluc de Lyon (1939-1945).

3 335 W 23, AD Rhône, AD Rhône, Personnes internées dans la prison de Montluc de Lyon (1939-1945).

« Victime des barbaries nazies. Pierrette Doize vient de mourir », Rouge Midi, 11 décembre 1945, p.2.

Claude Emerique, « Doize Pierrette (1908-1945) » in AERI, La Résistance dans le Gard.

Aimé Vielzeuf, On les appelait « les bandits », p.109-146.

« Folch, Petra (Doize, Pierrette) » sur le site internet de l’Amicale de Ravensbrück de Catalogne.

https://www.amicalravensbruck.org/portfolio-items/folch-petra-doize-pierette/

« Helmstedt-Beendorf (femmes) » sur le site internet du camp de Neuengamme.

https://www.kz-gedenkstaette-neuengamme.de/fr/historique/camps-exterieurs/liste-des-camps-exterieurs/helmstedt-beendorf-femmes/

Liste de départ du convoi de déportation sur le site internet de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

http://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.244.#DOIZE

Site internet MémorialGenWeb.

https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=13103&dpt=13&idsource=65385

https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=13103&dpt=13&idsource=5061

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